bid.,'i. 3. 4, p. 85:J
3. Ibid., 3. 3. 2, p. 849 : « Sed quoniam valde longum est in hoc tah vo lumine omnium Ecclesiariim cnumerare successiones, maximae et antiquissimae et omnibus cognitae, a gloriosissimis duobus apostolis Petro et l'aulo Romae fundatae et constitutac Ecclesiac, eam quam habet ab apostolis traditionem... indicanles, confundimus eos qui... praoter quam oportet coUigunt. Ad banc enim Ecclesiam propter potiorem principalitatem necesse est omnem convenire Ecclesiam, hoc est eos qui sunt undique fidèles, in qua scmper ab liis qui sunt undique conservata est ea quae est ab apostolis Iradilio. «
202 THÉOLOGIE patristique; l argument de tradition.
Si l'on voulait relever tout ce que saint Irénée emprunte à ses aînés, il faudrait signaler deux citations de saint Justin ^ une de Hermas 2, une de saint Ignace ^ » et de multiples références à divers presbytres, entre autres à Papias et à saint Polycarpe \ Mais, de tous ces emprunts, à peine en est-il un ou deux qui aient quelque valeur ; les autres ne nous offrent que des généralités sans portée, quand ils ne contiennent pas d'erreur. Pas plus que l'évêque de Hiérapolis, l'évêque de Lyon n'a su toujours démêler exactement la provenance de ses renseignements. 11 a fait sienne une opinion particulière de saint Justin sur la condition actuelle du diable, opinion que la postérité ne devait pas conserver. Il a attribué une origine divine au millénarisme de Papias, et aux dires absolument erronés de certains presbytres relativement au temps que le Sauveur a passé sur la terre. En un mot, il n'a pas fait un emploi toujours heureux de l'argument de tradition. Mais il a du moins le mérite d'avoir forgé l'arme qu'il a maniée parfois avec peu de dextérité. Il est le premier représentant de la théologie patristique, dont les Épîtres pastorales ont donné le plan et dont Papias a tracé la première ébauche. Tant qu'il y aura un argument de tradition, il s'inspirera des pages du Co/zïra haereses dont on vient de lire le résumé, et il leur adjoindra la Lettre à Florinus où le saint évêque de Lyon lance à un hérétique cette apostrophe enflammée : « Ces dogmes, ô Florinus, je te le dis en deux mots, ces dogmes sont étrangers à la saine doctrine... Tu ne les as pas reçus des presbytres, qui nous ont précédés et qui ont été les disciples des apôtres. A l'époque démon enfance, je t'ai vu auprès de Polycarpe... Eh bien! jen prends Dieu à témoin, ce bienheureux et apostolique presbytre, s'il avait entendu des propos pareils à ceux que tu tiens, se serait bouché les oreilles selon son habitude, et se serait écrié : O Dieu, à quel temps m'avez-vous donc réservé ^ ! »
Tertullien se mit à l'école de l'évêque de Lyon, et il opposa