LES « PRESCRIPTIONS » DE TERTULLIEX
aux gnostiqiR's laiitorité de lu Tradition chrélienno, dérivée des apôtres par le canal de l'épiscopat. « Puisque Notre-Seigneur Jésus-Christ, dit-il, a envoyé ses apôtres pour prêcher, on ne doit pas recevoir d'autre prédication que la prédication apostolique. . . Mais qu'est-ce que les apôtres ont prêché ? Le seul moyen de le savoir, c'est évidemment de s'adresser aux églises qu'ils ont fondées, et qu'ils ont instruites de vive voix, puis par leurs lettres \ » Après avoir mentionné les principales églises apostoliques, celle de Corinthe, celle de Philippes, celle d'Éphèse, l'auteur des Prescriptions continua en ces termes : « Etes-vous sur les frontières de l'Italie, vous avez Rome que nous autres, hommes d'Afrique, nous pouvons également consulter... Voyons donc ce qu'enseigne Rome... Elle ne connaît qu'un seul Dieu, créateur de l'univers. Elle croit que Jésus-Christ, né de la Vierge Marie, est le fils du Dieu créateur. Elle croit à la résurrection de la chair-... » Mais les gnostiques prétendaient, tantôt que les églises apostoliques n'avaient pas gardé fidèlement la doctrine de leurs saints fondateurs, tantôt que les apôtres eux-mêmes, ou bien n'avaient pas compris exactement, ou bien n'avaient pas transmis à tous les enseignements de leur divin Maître. Tertullien réfute longuement ces objections, auxquelles le saint docteur de Lyon ne s'était pas arrêté. Il montre que Pierre, ainsi appelé parce que l'Eglise devait être bâtie sur lui ^ », que Jean, « le disciple bien-aimé », n'ont dû rien ignorer. Et comme les gnostiques appuyaient leur théorie sur le conflit d'Antioche, il répond que, dans cette affaire, Pierre fut repris « non pour une erreur d'enseignement, mais pour une faute de conduite », et qu'il ne prêcha jamais un autre Dieu que le Créateur'*. Passant à une autre objection, le grand polémiste prouve que les apôtres n'ont pu enseigner deux doctrines, surtout deux doctrines opposées, etqueles gnostiques étaient dans l'illusion quand ils s'imaginaient être les héritiers d'un enseignement ésotérique •'. Restait la dernière hypothèse, celle de Tin-