LA CONTROVERSE MONOPHYSITE ; SAINT LEON
tristique *. C'était à la fin do 449. Les légats envoyés par saint L(''on à l'^phèse, avec ordre de lire, devant le concile, la. Lettre à Fldvien, avaient été réduits à prendre la fuite, pour échapper au Brigandage organisé par Dioscore, et venaient de rentrer à Ronie. Quand, éclairé par leur rapport, le pape put se rendre compte de l'état des esprits, il reconnut la nécessité de faire entendre la voix de la Tradition. Mettant donc à profit le travail de Théodoret ^ et le complétant par ses lectures personnelles, il constitua une liste de textes tirés des écrits des Pères, et, à partir de ce moment, il nenvoya la Lettre à Flavien qu'avec ce supplément. Son recueil, moins abondant que celui de l'auteur des Dialogues, était plus judicieusement composé. Il comprenait naturellement des extraits de saint Flilaire, de saint Ambroise et de saint Augustin. Il comprenait surtout un long fragment de saint Cyrille d'Alexandrie, Fauteur cher entre tous aux monophysites. Et ce fragment était bien de nature à faire impression sur les partisans d'Eutychès, car on y lisait la déclaration suivante : « Nous ne disons pas que la nature de Dieu a été transformée ou changée en chair. Nous ne disons pas non plus qu'elle a été transformée en un homme composé d'un corps et d'une âme. Nous disons que le Verbe s'est uni substantiellement, d'une manière incompréhensible et ineffable, à une chair animée par une âme raisonnable ^. » La théologie patristique de l'union hypostatique, fondée par Théodoret, s'est, non pas développée, mais affermie, sous la plume de saint Léon.
Toutefois, ce grand pape, uniquement préoccupé d'opposer à la tradition invoquée par les monophysites une tradition plus suivie, n'examina pas, de près, les témoignages dont se réclamait l'archimandrite. Cette lacune fut comblée par Léonce de Byzance ^'. Ce fécond et érudit auteur montra qu'une partie des autorités sur lesquelles s'appuyaient les hérétiques étaient