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Conlra monophysitas, M

216 THÉOLOGIE patristique; l incarnation.

apocryphes. Tel était le cas notamment des prétendus écrits de saint Athanase et du pape saint Jules, où Tunité de nature du Christ était proclamée. Léonce prouva que Févêque d'Alexandrie et le pape n'étaient pour rien dans ces dissertations, dont le véritable auteur était Apollinaire. Il restitua de même à Apollinaire un Exposé détaillé de la foi, que les hérétiques mettaient sur le compte de saint Grégoire le thaumaturge, et dans lequel ils retrouvaient leur doctrine. Les textes de saint Cyrille d'Alexandrie l'embarrassèrent un peu. Ici, on n'était plus en face de manœuvres frauduleuses. On ne pouvait nier que la Lettre à Acace, les Lettres à Succensus et plusieurs autres écrits eussent pour auteur l'illustre adversaire de Nestorius. Or, à diverses reprises, le Christ y était présenté comme ayant une seule nature incarnée. Léonce répondit que Cyrille avait admis la formule « une seule nature incarnée » par respect pour saint Athanase, à qui les apollinaristes avaient réussi à la faire attribuer; mais il observa que l'adversaire de Nestorius avait su donner un bon sens à une expression d'origine hérétique^ (vers 525).

Cependant les monophysites redoublaient de violence. Pour les calmer, l'empereur Justinien leur donna ordre d'exposer leurs griefs devant les chefs du parti catholique. La conférence se tint à Constantinople (533). L'érudition de Léonce de Byzance y trouva son emploi, car ce fut, sans nul doute, auprès de lui que l'évêque Hypatius, le porte-voix des catholiques, s'approvisionna d'arguments. Les sévériens — c'est le nom que portait la fraction la plus turbulente du parti monophysite accusèrent le concile de Chalcédoine d'avoir innové, en proclamant la doctrine des deux natures. Ils assuraient qu'aucun des anciens docteurs n'avait cru au maintien de la distinction des natures dans le Verbe incarné. Et, non contents de faire appel à saint Athanase, saint Jules, saint Grégoire le thaumaturo-e et saint Cyrille, ils invoquaient aussi l'autorité de Denys l'aréopagite. Hypatius ne se laissa pas déconcerter par ce nom vénérable qui faisait ici sa première apparition 2. « Si les textes

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