Ibid., p
222 THÉOLOGIE patristique; l'incarnation.
sur la dissertation de Mennas. Le défenseur du monothélisme prétendait que cette pièce avait reçu l'approbation du pape Vigile. « Comment peux-tu émettre une pareille affirmation, répliqua Maxime, alors que ton prédécesseur, Sergius, déclare que l'écrit en question fut indiqué à Vigile, mais ne lui fut pas montré ^! » Cette riposte désarma Pyrrhus qui passa outre. Le sixième concile va bientôt nous faire connaître une autre solution.
Vers la fin de la Conférence, Maxime fit appel à la célèbre phrase de saint Léon : Agit utraque forma cura alterius conimunione... ^ Ce fut la seule référence patristique qu'il apporta dans ce débat. Plus tard, il compléta son œuvre et il tira des écrits des Pères quelques textes favorables à la distinction des opérations dans le Christ. Mais, autant il avait mis de soin à renverser les autorités alléguées par ses adversaires, autant il en mit peu à rassembler les preuves traditionnelles du dyothélisme. Son recueil, en effet, contient à peine vingt-quatre textes qui, pour la plupart, n'offrent que des généralités sans portée quand ils ne sont pas apocryphes ^. Il était réservé au concile de Rome de 649 de compléter, sur ce point, l'œuvre ébauchée par le savant abbé.
Sur les instances de Maxime, le pape Martin P"" rassembla autour de lui les évêques du rite latin, pour juger avec eux la doctrine monothélite ^' (649). Dans la troisième session du concile, il fit lire le fameux texte de l'Aréopagite, relatif à « l'opération théandrique ». Les partisans de Sergius faisaient dire à saint Denys que le Christ possédait une seule opération théandrique, et ils mettaient l'accent sur le mot « seule ». Or cette épithète n'avait pas été employée par l'Aréopagite, qui avait simplement parlé d'une « nouvelle » opération théandrique. Quand cette constatation fut faite, le pape accusa les hérétiques d'être des faussaires ^. Puis il expliqua que saint Denys n'avait nullement méconnu la distinction des principes d'opération