Dial. 98. 107, M
4 THÉOLOGIE scripturaire; la mission divine du christ
Ceux-ci, en effet, ne tardèrent pas à surgir. On sait que saint Paul affranchit les communautés évangélisées par lui des prescriptions mosaïques auxquelles les premiers chrétiens s'étaient docilement soumis. Du même coup la religion chrétienne fut en butte à des objections, en môme temps qu'à des haines, qu'elle n'avait pas encore rencontrées. Jusque-là, ce qui avait scandalisé les juifs dans la prédication des apôtres, c'était seulement l'annonce d'un Messie mort sur une croix. Mais le scandale fut bien plus grand quand ils apprirent que les partisans du Messie crucifié ne tenaient plus compte de la « Loi » dans la pratique de la vie. La « Loi » n'était-elle pas l'œuvre de Dieu? N'était-ce pas à l'exacte observation de la « Loi » que le Seigneur avait subordonné ses promesses? Et rejeter la « Loi », n'était-ce pas se révolter contre Dieu? L'auteur de lÉ pitre aux Romains et de VÉpître aux Galates répondit à ses adversaires par deux textes empruntés, l'un à la Genèse, l'autre au prophète Habacuc. « Puisque Abraham, dit-il, crut à Dieu et que cela lui fut imputé à justice, vous devez reconnaître que ceux-là sont hls d'Abraham qui le sont par la foi \.. Et que personne ne soit justifié par la Loi cela est évident puisqu'il est écrit : Le juste vivra par la foi ^. » Saint Pierre avait prouvé par l'Écriture que le Messie devait souffrir et mourir. Saint Paul prouva, lui aussi, par l'Écriture que la « Loi » était abrogée, et il put s'écrier : « C'est par la Loi que je suis mort à la Loi ^. » Ajoutons qu'il compléta la justification scripturaire de la mort du Sauveur établie par saint Pierre. Le chef des apôtres avait expliqué, à l'aide du chapitre lui d'Isaïe, que Notre-Seigneur était mort pour expier les péchés des hommes. L'Apôtre des nations répondit à l'objection que les juifs tiraient du texte : « Maudit soit quiconque est suspendu au bois ^. » Il expliqua que le Christ, conformément à cet oracle, avait en
1. Gai. 3-6; Rom. 4. 3. Ces deux textes se réfèrent à Gen. 15. 6.
2. Gai. 3. 11 ; Rom. 1. 17. Ici la référence a pour terme : Habac. 2. 4.