‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 284 sur 547 · LA GRACE · texte numérisé non relu

LA GRACE

Pelage se faisait fort de prouver, par l'autorité des Pères, et surtout de saint Ambroise, que Thomme peut vivre ici-bas sans péché '. Saint Augustin fit l'exégèse des textes allégués par son adversaire et en donna diverses solutions. Il s'attacha surtout à montrer que l'attribution à l'homme du pouvoir d'éviter le péché n'impliquait pas la négation de la grâce. « Que rhomme, dit-il, puisse passer sa vie sans péché, c'est un problème qui n'est pas ici en question ; il s'agit de savoir si riiomme peut éviter le péché et bien vivre, sans le secours de la grâce ^. » Cette déclaration préalable ainsi faite, il étudia le Commentaire sur saint Luc de saint Ambroise ^. Il y lut que « personne ne peut édifier sans le Seigneur, garder sans le Seigneur, ni commencer quoi que ce soit sans le Seigneur » ; que « le plus grand débiteur de Dieu, s'il obtient la grâce, possède l'amour divin dans un plus haut degré » ; que « Pierre, après son troisième reniement, fut regardé par Jésus, et qu'alors il pleura amèrement » ; que « Dieu appelle qui il veut et donne la piété à qui il veut )>. Augustin cita ces textes et d'autres encore, et il les souligna énergiquement '•. Il s'arrêta surtout sur le dernier passage. « Proclamer que Dieu appelle qui il veut et donne la piété à qui il veut, n'est-ce pas là, dit-il,

1. De natura et gralia,l\, M. 44. 282; De gratia Christi, 47, M. 44. 381 .

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