CHAPITRE V
LE CULTE DES IMAGES
La justification patristique du culte des images fut ébauchée par saint Germain. Dans sa Lettré à Thomas de Claudiopolis ^ Tévéque de Constantinople (vers 728) cita le texte suivant de Grégoire de Nysse : « Dès lors qu'on représente par la peinture le sacrifice d'Isaac, à plus forte raison les miracles accomplis par le Sauveur et les scènes de la passion méritent d'être mis ainsi sous nos yeux -. » Il fit ensuite remarquer que Dieu, pour nous montrer combien les images lui étaient agréables, se plaisait à opérer des miracles par leur intermédiaire. A ce propos, il mentionna les prodiges accomplis par l'image de la Vierge de Sozopolis et par la statue du Sauveur que l'hémorroïsse, dont parle l'Evangile, avait élevée à son divin bienfaiteur, en témoignage de reconnaissance, dans la ville de Panéas, l'ancienne Césarée de Philippe^. Cette histoire de la statue miraculeuse de Panéas était empruntée à Eusèbe. Germain fit, une seconde fois, appel au témoignage du grand historien. Il prouva, par un texte de Vllistoii^e ecclésiastique que, dès le commencement du quatrième siècle, on rencontrait çà et là des peintures représentant les apôtres saint Pierre et saint Paul^*.
Dès que le pape Grégoire II fut informé de l'entreprise do Léon l'Isaurien, il écrivit à saint Germain pour le féliciter de sa noble résistance, et à l'empereur pour condamner ses projets