DÉMONTRÉ PAR SAINT JEAN DAMASCÈNE
dit-il, est l'œuvre d'un faussaire, qui s'est couvert du nom du vénérable Epiphane. » Toutefois ce moyen de défense n'étant qu'une conjecture, Jean Damascène comprit qu'il ne devait pas y mettre une confiance illimitée. Il fit donc observer que l'hypothèse de l'authenticité n'avait rien de bien terrible. On pouvait supposer en effet que saint Epiphane proscrivit les images, non pour elles-mêmes, mais à cause de certains abus locaux dont il avait été témoin. Et d'ailleurs on avait toujours la ressource de dire, avec saint Grégoire de Nazianze, 'qu'une seule hirondelle ne fait pas le printemps, et que l'évêque de Salamine, dans le cas où il se serait séparé de la Tradition, ne pourrait à lui seul la renverser ^ .
Après avoir ainsi écarté de son chemin le texte de saint Epiphane, le grand docteur de l'Orient interrogea la Tradition. Celle-ci lui fournit naturellement les renseignements qu'elle avait déjà donnés à saint Germain et à Grégoire II. Elle lui fit connaître la maxime formulée par saint Basile dans le De Spiritu SanctOj et le portrait divin dont Abgare avait été gratifié. Mais elle ne s'en tint pas là. Elle lui apprit que l'illustre évêque de Césarée avait mentionné, plus ou moins nettement, les images dans cinq ou six autres endroits ; que des mentions du même genre se retrouvaient dans les écrits de saint Denys l'Aréopagite, de saint Grégoire de Nysse, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Jean Chrysostome, de Sévérien de Gabala-. Elle lui apprit surtout que le culte des images était hautement attesté au septième, et même au sixième siècle, par le Pré spirituel de Jean Moschus, le traité Contre les Juifs de Léonce de Chypre, et les Vies de saints composées dans le cours de ces deux siècles. L'érudit et pieux moine recueillit avec soin toutes ces indications. Il rapporta notamment l'histoire de cet anachorète qui vénérait une image de la sainte Vierge, et à qui le démon avoua que ce culte lui déplaisait extrêmement.
Quelques années plus tard, saint Jean Damascène écrivit un second traité Contre ceux qui rejettent les images. Il donna alors une seconde édition de sa preuve patristique ^. Cette