LE SECOND CONCILE DE NICÉE
début de la querelle iconoclaste. L'histoire en a deux autres du même genre à enregistrer. Vers la fm du huitième siècle (787), le second concile de Nicée fut assemblé par les soins de Constantin Pogonat , pour mettre fin à la guerre religieuse que l'entreprise impie de Léon l'Isaurien avait déchaînée. A l'exemple de saint Léon et de saint Agathon, le pape Adrien écrivit une longue lettre dogmatique, où les références patristiques occupaient une place considérable ^ Les Pères du concile consacrèrent la quatrième session à écouter la lecture d'un rapport, où était exposée, dans toute son ampleur, la preuve traditionnelle du culte des images-. Et, dans la sixième, ils (mtendirent un autre rapport qui, réfutant pied à pied les objections du conciliabule iconoclaste de 754, enlevait aux évêques de cette assemblée les autorités que ceux-ci revendiquaient pour eux^. Mais le rapport lu à la quatrième session du concile n'était guère qu'un remaniement des listes patristiques que nous avons rencontrées, dans les trois traités Contre ceux qui rejettent les images. On y trouvait, tout au plus, çà et là, quelques nouveaux textes dont plusieurs, surtout ceux qui prétendaient à une certaine antiquité, étaient apocryphes. Quant à la lettre dogmatique du pape Adrien, elle aussi avait mis à contribution les écrits du savant moine oriental. Tels de ses textes qui s'y présentaient sous le nom de saint Ambroise, de saint Jérôme, d'Etienne de Bosra, de saint Jean Chrysostome, étaient, sans nul doute, empruntés aux dissertations dont on vient de lire le résumé. Et, parmi les témoignages qui y étaient ajoutés, les uns comme la lettre de saint Basile à l'empereur Julien '' ou comme l'entretien du pape Sylvestre avec Constantin ^, étaient apocryphes; les autres, comme la lettre du pape saint Grégoire à Sérénus^, étaient sans portée. La théologie patristique du culte des images, ébauchée par saint Germain et le pape Grégoire II, doit son achèvement à