LA CONTROVERSE BAPTISMALE
En réponse aux décisions des deux conciles de Carthage, (|iii déclaraient nul le baptême reçu dans Ihérésie, le pape Etienne opposa la célèbre formule : Nihil innoi>etur nisi quod traditum est ^ De son côté, saint Cyprien prétendit être d'accord avec la pratique des apôtres ^, et rejeta, comme dénuée de toute valeur, la coutume que lui objectait son auguste adversaire. De part et d'autre, à Rome comme à Carthage, on invoquait donc la Tradition. Mais aussi, de part et d'autre, on se contenta d'en appeler à l'antiquité, sans lui demander des attestations formelles et précises. Saint Cyprien trouva tout au plus à alléguer une décision d'Agrippin remontant au début du troisième siècle ^. En somme, la controverse baptismale n'eut, dans sa première phase, aucun caractère patristique.
Quand elle se ralluma, au commencement du cinquième siècle, la situation était changée. Alors, les donatistes avaient toujours à la bouche le nom de saint Cyprien. A qui voulait discuter avec eux, ils opposaient les lettres écrites par l'illustre évêque de Carthage, les conciles rassemblés par lui. Appuyés sur cette imposante autorité, ils rejetaient avec une assurance dédaigneuse, tout baptême reçu hors delà véritable Église, qui, selon eux, se confondait avec leur propre secte. Et les catho-