Ep.l3. 3, xM. 3. 1112. Ep. 71. 4, M
246 THÉOLOGIE patristique; la controverse baptismale.
liques, intimidés par leur insolence, ne trouvaient souvent rien de mieux, pour se tirer d'affaire que de déclarer apocryphes les lettres, ainsi que les conciles, dont leurs adversaires faisaient parade ^ .
Saint Augustin mitfm à cette attitude humiliée. Sans repousser, aussi énergiquement que nous le désirerions aujourd'hui, l'expédient auquel on avait recours autour de lui, l'évêque d'Hippone refusa de s'en servir, et il reconnut que l'illustre évêque de Carthage s'était en effet prononcé contre la validité du baptême reçu dans l'hérésie. Puis, cette concession une fois faite, se dressant en face de ses adversaires, il leur dit : « Les lettres de saint Cyprien ne sont pas, à mes yeux, ce que sont les épîtres canoniques. C'est à l'aide de ces dernières que je les juge. Là oii elles s'accordent avec les Ecritures, je les reçois et j'éprouve pour Cyprien un sentiment d'admiration; là où elles cessent de s'accorder, je les rejette, sans rien perdre de mon respect pour cet illustre martyr... Je suis certes bien loin de l'égaler ; mes écrits ne sauraient être comparés aux siens ; je l'aime et je me plais à le lire; j'admire sa charité et je vénère son martyre ; mais je me sépare de lui quand il se sépare des Écritures. Non, je ne reçois pas ce que le bienheureux Cyprien a dit du baptême des hérétiques et des schismatiques, parce que l'Église ne le reçoit pas... Je ne le reçois pas, bien que je sois incomparablement au-dessous de Cyprien; tout comme je ne reçois pas l'enseignement de saint Pierre, quand il forçait les païens à judaïser, bien que je sois incomparablement audessous de saint Pierre^. »
Une déclaration de principes aussi nette donnait pleine liberté pour un travail de réfutation. Augustin réfuta, phrase par phrase, la Lettre à Jubaïen ainsi que les dépositions des évêques au grand concile de Carthage ^, Mais, en même temps quil combattit la doctrine, il excusa les intentions et plaida les circonstances atténuantes, dans une dissertation où apparaît au t^rand jovir le principe de l'autorité de TÉglise. « Nous le savons, dit-il, le mérite de Cyprien évêque et martyr est grand.
1. Voir saint Augustin,. 93. 38 et 108. 9, M. 33. 340 et 410.