Haer. 5. 33. 3 et 4. M
MÉTHODE ET JUSTIXIEN. 251
texte de saint Paul que les adversaires de la résurrection exploitaient à leur profit '. Quand, plus tard, saint Epiphane entreprit la réfutation de Forigénismc^ il ne trouva rien de mieux à lui opposer que le travail de Méthode, auquel il fit de larges emprunts-. Néanmoins, jusqu'au sixième siècle, les théories du Périarchon n'avaient encore été combattues que sur le terrain scripturaire et la réfutation patristique restait à faire. Cette lacune fut comblée par Justinien.
Avant d'entrer en campagne contre le grand docteur alexandrin, le théologien impérial fit une longue enquête dans la Tradition, et demanda aux Pères ce qu'ils pensaient des blasphèmes d'Origène^. Saint Pierre d'Alexandrie, saint Athanase, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, Théophile, saint Cyrille et saint Jean Chrysostome attestèrent unanimement que la première àme humaine avait commencé d'exister le sixième jour de la création, et que nous étions dans le néant avant d'apparaître sur cette terre. Justinien recueillit soigneusement leurs dépositions, notamment un long texte de saint Grégoire de Nysse où la préexistence était reléguée au rang des fables. Et il termina par cette conclusion : « Les saints Pères, non moins que l'Écriture, condamnent la chimère de la préexistence des âmes. »
Dans la question de l'éternité des peines, les partisans d'Origène prétendaient avoir pour alliés certains Pères dont ils aimaient à citer les textes. Justinien les accusa d'imposture^. Et, sans prendre la peine de justifier cette assertion, il se contenta d'apporter des textes où l'existence de supplices éternels était nettement enseignée. Saint Basile, saint Chrysostome, saint Grégoire de Nazianze lui-même, vinrent ainsi déposer contre la théorie du salut universel. Mais Justinien s'en tint là et ne cita pas d'autres témoins. L'enquête entreprise contre la doctrine de la préexistence avait donné des résultats plus importants.
1. ExUbro de resurrectione^ fragment cité par Photius, Bibliotliec. cod 231. 11 s'agit du texte : 1 Cor. 15. 50; voir plus haut, p. 182.