Ibid., 2, p
258 THÉOLOGIE scripturaire; le filioque.
hominibus sed Deo... Dominus autem Spiritus est... Nescitis quia memhra <>>estra templum sunt Spiritus Sancti : glorificate etportate Deum in corpore vestro. Ceci fait, il aborda la question de la procession. Les deux textes : Accipite Spiritum Sanctum; Quisquis autem Spiritum Christi non habet, hic non est ejus lui parurent prouver péremptoirement la croyance latine ^ . « Pour montrer, dit-il, que le Saint-Esprit procède de lui comme du Père, le Sauveur soufflant sur ses disciples, après sa résurrection, leur parla ainsi : « Recelez le Saint-Esprit. Assurément, si cette personne divine ne procédait pas de lui, il ne la donnerait pas à ses disciples. » Puis, quand l'auteur des Lii>res caj'olins eut fait ces citations, il s'arrêta. Ou plutôt il apporta encore le célèbre verset : Quum autem venerit Paraclitus quem ego mittam vobis a Pâtre; mais ce fut uniquement pour prouver que la troisième personne procède du Père^. En somme la preuve scripturaire du Filioque ne doit rien à Alcuin.
Six ans après les Libres carolins (796), Paulin d'Aquilée écrivit une dissertation contre la conception grecque de la procession du Saint-Esprit. Mais lui non plus ne fit faire aucun progrès à la théologie scripturaire du Filioque. Son grand argument fut cette déclaration du Sauveur : Philippe, qui s^idet me, çidet et Patrem meum. An non credis quia ego in Pâtre et Pater in me est? Ce texte, dont on ne voit pas d'abord la portée, lui servit à prouver que le Fils est inséparable du Père et que tout est commun entre eux. De là, il conclut par voie de déduction, que les deux premières personnes concourent ensemble à produire la troisième ^.
Dans les premières années du neuvième siècle, il y avait à Jérusalem une communauté de moines francs qui, fidèles à la coutume de leur patrie, chantaient à la messe le symbole de Nicée avec l'addition Filioque. Accusés d'hérésie et persécutés par les Grecs du voisinage, ils écrivirent au pape Léon III, l'assurèrent de leur attachement à la doctrine des Pères, et lui demandèrent une décision sur la question de la procession du
l. Libri carolini, 3. 3, M. 98. 1119.
•2. Ibid., p. 1120.