‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 31 sur 547 · Dial. 52 et 120, p. 580 et · texte numérisé non relu

Dial. 52 et 120, p. 580 et

PnOUVEE PAU LA PROPHETIE DE DANIEL. /

nitive. Il ne lui resta guère qu'une seule acquisition à faire : je veux parler de la prophétie de Daniel.

Saint Justin qui, à diverses reprises, avait invoqué l'autorité de Daniel, n'avait pas utilisé la célèbre prophétie des soixantedix semaines. Cette lacune fut comblée de bonne heure et, dès la fin du deuxième siècle. Clément d'x\lexandrie expliquait dans les S trama tes que l'oracle de l'ange Gabriel se rapportait au Christ '. Les Stromates étaient un livre de morale chrétienne qui ne donnait aucune place à la controverse juive ; mais celleci sut tirer parti d'une preuve qui avait tant de valeur pour elle. Tertullien -, saint Athanase ^, saint Cyrille de Jérusalem'*, saint Jean Chrvsostome. "'saint Isidore de Séville,'' s'en servirent. La prophétie des soixante-dix semainesfutaupremier rang parmi les arguments scripturaires destinés à éclairer les juifs. Elle eut môme un rôle plus considérable. Dès le troisième siècle, Jules l'Africain dans sa Chronographie'^ ^ Origène dans ses Stromates ^, Hippolyte dans son Commentaire sur Daniel '\ étudièrent notre prophétie. Plus tard Eusèbe l'introduisit dans sa Démonstration évangèliquc ^^, et Sulpice Sévère la mentionna dans sa Chronique ^^ . Elle eut dans la controverse païenne un emploi aussi fréquent et aussi important que dans la controverse juive. Toutefois son interprétation n'alla pas sans certaines hésitations et certains tâtonnements. Jules l'Africain fixa le point de départ des soixante-dix semaines à la vingtième année du roi Artaxerxès Longue-Main. Mais cette interprétation devra attendre plus de mille ans pour trouver le succès. Avant Jules, Tertullien et, peut-être. Clément qui est très énigmatique, avaient rattaché les semaines au moment môme de la vision de Daniel, c'est-à-dire à la

Page 1