Contra Graecorum opposita, M. 121. 225 et suiv
260 THÉOLOGIE SCRIPTURAIRE ; LE FILIOQUE
ad{>ersus Graecos ^ . Les évoques de Germanie réunis à Worms publièrent le De fide Trinitatis contra Graecorum haeresim'^ . Odon de Beauvais prit, lui aussi, la plume et défendit le Filioque. Mais le livre d'Odon, mentionné par Flodoard, n'est pas parvenu jusqu'à nous^. Quant à Enée et aux évêques germains, ils se placèrent exclusivement sur le terrain patristique. L'écrit de Ratramne est donc le seul qui doive retenir ici notre attention.
Le premier livre du Contra Graecorum opposita est consacré tout entier aux preuves scripturaires du Filioque. On y voit d'abord apparaître six ou sept textes de saint Jean, entre autres les suivants : Quum autem venerit Paraclitiis quem ego mittam vohis a Pâtre... Ille me clarificabit, quia de meo accipiet... însufflavit etdixiteis : accipite Spiritum Sanctum ''. « Vous lisez, dit Ratramne à ses adversaires, vous lisez : qui procedit a Pâtre, et vous n'entendez pas le Fils qui ajoute : quem ego mittam çobis a Pâtre. Expliquez donc comment l'Esprit peut être envoyé par le Fils... dites que cette mission est une procession ou bien vous serez conduit à cette impiété d'y voir un ordre reçu... Et puis nous lisons... de meo accipiet... Or puisque le Saint-Esprit a la même substance et la même puissance que le Fils, que peut-il recevoir de lui? Ces mots : de meo accipiet veulent donc dire : il procède de moi... Et l'insufflation, que désigne-t-elle, sinon la procession du Saint-Esprit? Non pas que ce souffle corporel, emprunté à 1 air et transmis à la bouche par les poumons, soit la substance même de l'Esprit. Mais le Fils a voulu nous montrer par ce symbole que la troisième personne procédait de lui et lui devait sa substance^. Après avoir recueilli le témoignage de saint Jean, Ratramne passe en revue les autres écrits du Nouveau Testament. Il remarque que Notre-Seigneur dit dans saint Luc : Nopi nrtutem de me exiisse. « Quelle est cette vertu, dit-il, sinon la grâce du Saint-Esprit dont l'apôtre dit que la grâce des gué-