‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 311 sur 547 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

PROUVÉ PAR RATRAMNE. 261

risons est donnée dans l'Esprit'? » Il remarque surtout que souvent, dans les écrits apostoliques, le Saint-Esprit est présenté comme appartenant à Jésus ; que saint Paul, par exemple, dit : Misit Deus Spiritum Filii sui in corda vestra; Per ^estram orationem et suhministrationein Spiritiis Jesii Christi; Si quis autem Spiritum Christi non habet^ hic non est ejus; Transformamur a claritate in claritatem tanquam a Domini Spiritu 2; que saint Luc dit dans les Actes : Tentabantire in Bithyniam et non per misit eos Spiritiis Jesu ^ ; que saint Pierre parle lui aussi du : Spiritiis Christi''. « Or, dit-il, si le Saint- Esprit ne procède pas du Christ, comment est-il appelé l'Esprit du Christ? Il procède donc du Christ, car ce n'est ni la sujétion ni la segmentation qui le font appartenir au Christ. Cette propriété provient en lui du fait qu'il reçoit sa substance du Fils ^. » On mesure, par ce résumé, la distance qui sépare le Contra Graecorum opposita du De processione Sancti Spiritiis et des Libres carolins. Ratramne a vraiment mis en œuvre tous les matériaux laissés par les Pères. Il a conduit la démonstration scripturaire du Filioque à un point qu'elle n'avait jamais atteint avant lui.

Cependant les Grecs ne s'avouèrent pas vaincus, et ils renouvelèrent périodiquement leurs objections. Il fallut donc recommencer l'œuvre des théologiens du neuvième siècle. Pendant son séjour en Italie, saint Anselme fut invité à défendre la doctrine du Filioque ^, et il écrivit le De processione Spiritiis Sancti '^ où, tout en donnant la prépondérance à la dialectique qui lui était si chère, il réserva néanmoins une place importante à l'étude des textes inspirés (1100). Plus tard, saint Thomas d'Aquin fut chargé par le pape Urbain IV d'écrire le Contra errores Graecorum (1262), et il y rassembla tous les témoignages favorables à la croyance de l'Eglise latine. Enfin le

Page 1