Loc. cit
6. Pour la chronologie voir : Gerberon, censura... M. 158. 20.
7. De processione Spiritus Sancti contra Graecus, M. 158. 285 et sui\. Voir : C. 9 et 12 et 19, p. 299 à 305 et 312.
262 THÉOLOGIE SCRIPTURAIRE; la TRINITÉ
concile de Florence consacra huit de ses séances au problème de la procession du Saint-Esprit. Mais la théologie scripturaire du Filioque ON ait été poussée, dans la période carolingienne, à un degré de perfection qu'il était difficile de dépasser. A Florence, l'orateur du parti latin, Jean, manœuvra à peu près exclusivement avec le texte : Quem ego mittam vohis a PatreK Saint Thomas fît valoir les déclarations de saint Jean que nous avons déjà rencontrées, ainsi que les endroits de saint Paul où le Saint-Esprit est dit appartenir au Christ 2. Seul, saint Anselme apporta une preuve nouvelle : « Nous lisons, dit-il, que personne ne connaît le Père et le Fils, à l'exception du Père et du Fils et de ceux à qui le Fils l'a révélé... Ceci posé, ou bien le Saint- Esprit ne connaît pas le Père et le Fils, ce que l'on ne peut supposer sans impiété, ou bien c'est le Fils qui lui révèle la connaissance de la personne du Père et de sa propre personne : or cette connaissance n'est autre que l'essence même du Saint- Esprit ^. »
Pendant que la controverse du Filioque suivait son cours, les scolastiques travaillaient à établir didactiquement les preuves du dogme de la Trinité.
Le premier qui se présente ici à nous est Abélard. Bien que ses préoccupations fussent tournées d'un autre côté, le célèbre professeur de Sainte-Geneviève consacra plusieurs pages de VIntroductio et de la Theologia christiana à démontrer la pluralité des personnes divines et à légitimer le Fiiioque. Sur ce dernier point ses preuves, d'ordre patristique, n'ont pas leur place ici ; mais il établit le dogme de la Trinité par un certain nombre de textes bibliques empruntés à l'Ancien Testament. Il nota, dans le premier verset de la Genèse, la présence du mot Elohim, nom pluriel accolé à un verbe au singulier ; et ce contraste lui parut prouver péremptoirement l'existence de
t. Se^^. 24. Th. Harduin, Acla concil. 9. 3C»7. 2 ~ Contra errores Graecorum, C. 32.