Contra Felicem ÛrgelL, 1. 17, M
LA CONTROVERSE ADOPTIAMSTE. 269
Dieu, mais Fils do Dieu sans restriction. Et il entendait bien parler de la divinité en tant qu'incarnée; car les deux mots quod et sanctiun sont du neutre... preuve qu'il avait en vue le corps formé dans le sein de la Vierge '. » Le môme docteur observe que le Christ n'aurait pu nous procurer le bienfait de l'adoption, s'il avait eu besoin d'être adopté lui-même, et que celui qui a reçu « un nom au-dessus de tout nom » ne peut être un fils adoptif ^.
Les savants travaux que l'on vient de mentionner ne parvinrent pas à déraciner la doctrine adoptianiste. Félix, condamné, après de multiples rétractations, à achever ses jours dans l'église de Lyon, y répandit secrètement sa christologie. Quant à Elipand, dont le siège échappait à la domination de Charlemagne, il put propager, jusqu'à la fin de sa vie, les idées qui lui étaient chères sans être inquiété. Vers 810, Agobard s'aperçut que Tévêque d'Urgel qui venait de mourir, avait des partisans à Lyon, et il écrivit deux livres pour les éclairer ^. Vers la même époque, l'espagnol Alvarez eut affaire à un partisan d'Elipand'*. Mais ni Agobard ni Alvarez ne firent appel à l'Ecriture. Nous n'avons donc pas à nous arrêter devant leurs dissertations.
Au douzième siècle, surgirent diverses discussions qui rappelaient celle dont on vient de lire l'exposé ; mais elles furent sans importance et ne donnèrent lieu, en tout cas, à aucune recherche de théologie positive. On peut donc dire que, depuis la controverse adoptianiste, la christologie fut l'objet d'un enseignement exclusivement didactique. Cet enseignement n'eut qu'à un faible degré un caractère scripturaire. Le point capital du mystère de l'Incarnation, c'est-à-dire le dogme de l'union hypostatique fut, sauf une fois, établi sans aucun