Epislolae, M. 121. 411 et suiv
270 THÉOLOGIE scripturaire; l'incarnation.
recours aux textes révélés. On ne se départit de cette réserve que dans les questions relatives à la manière d'être de l'humanité du Sauveur et à la rédemption. Les textes : Tristis est anima mea usqiie ad mortem; Potestatem habeo ponendi animam meam, furent employés par l'auteur de la Somme pour réfuter Apollinaire ^ . La plénitude de la science humaine du Christ fut établie par la parole de saint Paul : In quo sunt omnes thesauri sapientiae et scientiae Dei^. Toutefois, quand on se mit à disserter — cela à partir du treizième siècle — sur les différentes espèces de la science humaine du Sauveur, on appliqua ce texte à la science infuse, en lui associant le passage d'Isaïe relatif aux sept esprits, qui attestait, pensait-on, l'étendue sans limites des connaissances infuses de l'Homme- Dieu^. On appuya la vision béatifîque sur cette phrase de l'évangile de saint Jean : Scio eum et sermonem ejus ser^^o ^. Et la science expérimentale fut patronnée par l'endroit de VEpitre aux Hébreux où il est dit : Didicit ex his quae passus est obedientiam ^. Ici se présentait le célèbre texte de saint Luc : Jésus proficiebat sapientia, aetate et gratta. Les théologiens du douzième siècle expliquèrent que cette expression ne devait pas être prise à la lettre, et que les manifestations extérieures de la science de Jésus avaient seules progressé ^. La théorie des multiples sciences permit de revenir à l'exégèse antique. Saint Thomas reconnut que saint Luc avait entendu parler d'un progrès réel; il ajouta seulement que ce progrès n'avait pas dépassé la sphère de la science expérimentale, et que les deux autres sciences du Sauveur avaient été parfaites dès le début ^.
Dans la question de la volonté humaine du Christ, on utilisa