‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 324 sur 547 · PROUVÉ PAR LES THEOLOGIENS SCOLASTIQUES · texte numérisé non relu

PROUVÉ PAR LES THEOLOGIENS SCOLASTIQUES

Victor rabandonna dans cette circonstance '. Il opposa à Abélard laulorité de la Tradition; il ne lui opposa pas d'autre preuve et il ne fît usage de l'Ecriture que contre les pélagiens. Il est juste toutefois de noter que l'attitude du Maître des Sentences resta sans écho. Parmi les preuves que Alexandre de Halès donna du péché originel, nous trouvons les trois textes : Per iiniini homineni...; Erainns natiira filii viae; Nisi guis renatus fiterit ^... Les deux premières de ces attestations scripturaires reparaissent dans la Somme théologique^ . Toutes trois sont utilisées par saint Bonaventure ^. Duns Scot fait appel aux maximes de saint Paul : Per unum homineni...; per inohedientiam. unius hominis peccatores constituti sunt muhi •"'. Et Durand, qui souligne la formule : In quo omnes peccaverunt, lui associe le célèbre verset des psaumes : Ecce in iniqiiitatibns conceptus siim ^. On le voit, tous les docteurs du moyen âge, saut Pierre Lombard, demandèrent à la Bible la preuve de l'existence du péché originel. Ajoutons qu'ils ne lui demandèrent pas d'autre renseignement sur ce dogme. Car, dans leurs spéculations sur l'essence de la tache originelle, ils ne s'inspirèrent que de la Tradition ou du raisonnement tliéologique. Et ce fut exclusivement à ces deux écoles qu'ils se mirent, quand ils eurent à expliquer la propagation du péché héréditaire ainsi que les rapports de la nature déchue avec la nature pure.

La doctrine de la chute et celle du péché originel purent être traitées didactiquement en dehors de toute controverse retentissante ^. Il n'en alla pas de même dans le domaine de la

1. Sent.% 30. 6. Au n. 3 il apporte l'Écriture, mais contre les pélagiens et non contre Abélard.

2. Summa theologiae, pars 2. qu. 105 (en réalité 106), memb. s.

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