‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 325 sur 547 · In Sent., 2. 30, qu · texte numérisé non relu

In Sent., 2. 30, qu

7. Durand, qui essaya de défendre la doctrine d'Abélard, ne rencontra aucun écho : Turmel, loc. cit., 1903, p. 1 et suiv.

276 THÉOLOGIE SCRIPTURAIRE; la GRACE.

grâce. Ici les doctes et paisibles investigations de la scolastique furent précédées de violents débats, qui troublèrent l'Église de France pendant une partie du neuvième siècle. On devine que nous voulons parler de la controverse de la prédestination.

Au commencement de l'année 848, l'archevêque de Mayence, Raban Maur, dénonça avec effroi au comte de Frioul un moine raisonneur, dont les prédications extravagantes portaient le trouble et le découragement dans les âmes. « Si l'on en croit le bruit public, dit-il, un prétendu savant, du nom de Gottescalc, s'est installé sur vos terres et s'est mis à enseigner que la prédestination fait violence à l'homme. Selon lui, quiconque n'est pas prédestiné à la vie, s'efforcera vainement d'arriver au salut. Vainement il gardera une foi pure et pratiquera les bonnes œuvres : en vertu de la prédestination il est condamné par Dieu à se perdre ^.. » Ainsi débuta la controverse prédestinatienne, qui devait troubler l'Église de France pendant une douzaine d'années.

On n'a pas à raconter ici comment Gottescalc fut condamné à Mayence (848). On n'a pas non plus à faire de longues recherches sur l'exactitude de l'acte d'accusation qu'on vient de lire. Disons seulement que le moine raisonneur enseignait la prédestination « antécédente », et que Raban a fixé son attention moins sur la doctrine elle-même que sur ses conséquences.

Nous allons bientôt entendre les partisans de Gottescalc exposer les autorités scripturaires de la doctrine prédestinatienne. Mais Gottescalc lui-même semble s'être appuyé avant tout sur les Pères. Du moins sa Confessio est composée exclusivement de références patristiques- et sa Confessio prolixior n'emprunte à l'Écriture que quelques textes sans importance^. Mais Raban, pour le réfuter, demanda à la Bible le secret du gouvernement divin. Le Deutéronome lui apprit que Dieu s'était engagé à récompenser tous ceux qui pratiqueraient ses commandements et travailleraient à lui plaire. Il lut dans les

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