‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 327 sur 547 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

278 THÉOLOGIE SCRIPTURAIRE; la GRACE.

perdition... 11 y a une prédestination pour le bien, mais il n'y en a pas pour le mal. Aussi l'apôtre a dit : Ceux qu'il a prévus, il les a prédestinés à être conformes à l'image de son Fils ; et ceux qu'il a prédestinés, il les a appelés... Mais remarquez bien qu'il dit : ceux qu'il a prédestinés il les a appelés ; et non : ceux qu'il a prédestinés il les a damnés '. » Et pour compléter sa démonstration, Raban fit appel au texte suivant de saint Paul : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ^. »

Né en 776, l'évêque de Mayence était, en 848, arrivé à un âge où l'on redoute tout ce qui trouble le repos. Ayant appris que Gottescalc avait été ordonné prêtre à Reims, il l'expédia immédiatement à Hincmar, et se déchargea sur ce prélat du soin de régler la question du prédestinatianisme. Le puissant métropolitain de Reims mena cette affaire avec la vigueur et l'énergie qui lui étaient habituelles. A peine arrivé dans la ville où il avait été ordonné, le moine saxon fut condamné parle concile de Kiersy, puis fouetté, puis jeté en prison (849). Quand il eut procédé aux mesures de police qui lui paraissaient nécessaires, Hincmar crutdevoir faire œuvre de docteur. Sur ses instances, Scot Érigène et Pardulus réfutèrent les théories de Gottescalc; luimême prit la plume et écrivit dans le même but, outre diverses lettres, deux traités de longue haleine intitulés : De praedestinatione, dont le second seul nous est parvenu. Mais Scot Érigène emprunta ses armes presque uniquement à la dialectique; quant aux travaux de Pardulus ils ont disparu. Seul, le De praedestinatione de Hincmar doit donc attirer ici notre attention. Et lui-même ne la retient pas longtemps. Ce livre est en effet, avant tout, un recueil de références patristiques. Les textes scripturaires n'y apparaissent qu'à de rares intervalles, pour être soustraits à la mainmise des prédestinatiens. Nous apprenons, par exemple, que l'endroit de VEpîtj^e aux Romains où saint Paul a recours à la comparaison du potier n'enseigne pas la prédestination à l'enfer ^. La raison qu'en donne Hincmar est que cette prédestination répugne à la justice

Page 1