Epist. ad Hincmarum et Pardulum, 3, M
:j. Ibld., \, p. 077.
Nouveau Testament, il cita ces paroles du Sauveur : « Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que vous m'avez donnés. Personne ne peut venir à moi, si mon Père qui m'a envoyé ne l'attire ; — Le Fils vivifie qui il veut ; — Si Tyr, Sidon et Sodome avaient vu les miracles qui ont été faits à Corozaïn, Bethsaïde et Capharnaum, elles auraient fait pénitence sur le cilice et la cendre. » — Il cita également le texte de saint Matthieu qui montre dans les Juifs du temps du Sauveur l'accomplissement de la prophétie d'isaïe : « Aveuglez ce peuple, fermez ses oreilles, pour qu'il ne voie pas, qu'il n'entende pas, qu'il ne se convertisse pas. » — 11 rapporta enfin ces paroles de saint Paul : « Dieu a pitié de qui il veut et il endurcit qui il veut... 0 homme ! qui es-tu pour répondre à Dieu? Est-ce que l'argile dit au potier : pourquoi m'as-tu fait ainsi ^ ? » — Toutes ces déclarations de l'Écriture parurent à Prudence inconciliables avec l'universalisme de l'appel au salut. 11 termina son enquête scripturaire par cette conclusion : « Ce que Dieu n'a pas fait, il ne l'a pas voulu; et ceux qu'il ne sauve pas, il ne veut pas les sauver. En cela il agit d'après un jugement très mystérieux et très profond, mais très juste -. » Quant à l'objection que sa thèse rencontrait dans le texte de l'Apôtre : Deus vult omnes homines salços fîeri, il la résolut en faisant appel à l'autorité d'un illustre docteur : « Vous n'ignorez pas, dit-il, que saint Augustin propose de ce passage trois interprétations. Selon lui le mot omnes signifie, ou bien que Dieu sauve tous ceux qu'il veut sauver; ou bien qu'il prend ses élus dans toutes les conditions ; ou bien encore qu'il nous fait désirer à nous le salut de tous les hommes. Quoi qu'il en soit, on doit donner à omnes un sens spécial et non un sens général. Autrement, que deviendrait la toute-puissance de Dieu qui lui permet de faire tout ce qu'il veut?... S'il ne fait pas les choses qu'il veut faire, il n'est plus tout-puissant. Peut-on s'arrêter à une pareille pensée ^? »
Tel fut le plaidoyer de Prudence. Nous le retrouvons, en tout ou en partie, dans divers écrits de ses contemporains. Dans