Summa
4. Summa, 3. 35. 1. ad 1 : «... licet non inveniatur expresse in Scripturis
286 THÉOLOGIE scripturaire; la marialogib.
Et, pour prouver cette équivalence, il observa que, Jésus étant appelé Dieu par saint Jean, la mère de Jésus est nécessairement la mère de Dieu, et que le Dieu suprême dont parle Tapôtre a une mère qui ne peut être que Marie, puisqu'il est présenté comme sorti du peuple juif.
On sait que les autres privilèges de la sainte Vierge vécurent plus ou moins longtemps d'une vie latente, et que leur éclosion provoqua des sentiments de surprise parfois même d'aversion. Nous n'avons ici ni à retracer ni même à esquisser l'histoire des controverses marialogiques du moyen âge. Voyons seulement la place qu'y occupa la démonstration scripturaire.
A l'époque carolingienne, on commença à agiter dans les monastères la question de l'assomption corporelle de la sainte Vierge. Elle reçut deux solutions : l'une, négative, qui est représentée par une prétendue lettre de saint Jérôme adressée à Paula et à Eustochium \ et par un sermon d'origine inconnue ^ ; l'autre, positive, qui a pour témoin un traité attribué à saint Augustin ^. Mais les adversaires de la résurrection de Marie se bornèrent à observer que ce miracle n'avait aucune attestation sérieuse, et que la mère du Sauveur avait pu recevoir au ciel les honneurs dus à sa haute dignité sans que son corps sortît du tombeau. De leur côté, les partisans de l'assomption corporelle avouèrent qu'il n'en était question dans aucun endroit de l'Écriture ^.
Vers le même temps, une discussion s'éleva, non sur le dogme lui-même de la virginité in partu, mais sur l'interprétation de ce dogme. Le Sauveur était-il sorti du sein de Marie par la voie ordinaire ? Ou bien avait-il imité le rayon de lumière qui
dictum quod beata Virgo sit mater Dei, invenitur tamen expresse in Scriptura quod Jésus Christus est verus Deus... et quod beata Virgo est mater Jesu Christi... »
1. On la trouve à la suite des œuvres de saint Jérôme, Ejj. 9, M. 30. 122.
2. C'est le sermon 208 de l'appendice de saint Augustin, M. 39. 2129. Au dire des Bénédictins, il serait soit de Fulbert de Chartres, soit de Ambroise Autpert.