Ibid., p. 1375 à
6. Durand, In Sent., 4. 44, quaest. 6. 11, p. 3443 édit. 1563. Par contre :
288 THÉOLOGIE scripturaire; la marialogie.
Dans la lettre qu'il écrivit aux chanoines de Lyon, pour les détourner de célébrer la fête de la conception de la sainte Vierge, saint Bernard leur objecta, entre plusieurs autres arguments, le suivant : « Parmi les enfants des hommes, quelquesijns — oh! très peu — ont eu le privilège de naître dans la sainteté. Mais être conçu dans la sainteté, c'est une faveur qui a été réservée à Celui qui est venu sanctifier les hommes. Lui excepté, il n'est aucun enfant d'Adam à qui ne s'applique la parole dupsalmiste : In iniquitatibus conceptus sumet inpeccatis concepit me mater mea. » Ainsi s'exprime saint Bernard dans sa Lettre aux chanoines de Lyon ^ . On remarquera que le grand abbé de Clairvaux fait appel à l'Ecriture incidemment et comme en passant. C'est qu'en effet son attention est concentrée sur un autre point. Ce qui le préoccupe surtout c'est de prouver, à l'aide des principes de la théologie, qu'une conception miraculeuse peut seule échapper à la loi du péché originel. Mais, telles qu'elles sont, les lignes qui précèdent contiennent la première objection scripturaire qu'ait rencontrée sur son chemin la croyance à l'immaculée conception.
Les docteurs qui, à la suite de saint Bernard, crurent devoir soumettre la sainte Vierge à la loi du péché originel, au lieu de s'appuyer sur l'endroit des psaumes qu'on vient de voir, invoquèrent plutôt le texte : In quo omnes peccaverunt. « Tous pèchent en Adam », lisons-nous dans saint Bonaventure, qui fait ici allusion à la parole de saint Paul. « Or, ajoute le séraphique docteur, ceci vient de ce que nous sommes sortis d'Adam par la voie séminale. Si donc la Vierge est venue au monde par la même voie, elle a dû, semble-t-il, contracter le péché comme tout le monde ^. » Durand se retrancha, lui aussi, derrière l'autorité de l'apôtre pour dénier à Marie le privilège d'une con-
Abélard, Serm. 5, M. 178. 419; saint Thomas, Summa, 3. 28. 2 ad 1, Compendium theol. 225 ; saint Bonaventure, Breviloquium, 4. 3, expliquent comme Paschase le texte : Adaperiens vulvam.
l.Ep.m.S.