LE BAPTÊME
bientôt '. Quant à la seconde question, il la trancha par Fautorité du livre des Actes. « Nous lisons, dit-il, dans les Actes ({ue le baptême a été donné, non seulement au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, mais encore au nom du Seigneur Jésus-Christ-. » Et appuyé sur les textes de saint Luc, le grand abbé de Clairvaux déclara ne rien trouver à reprendre dans le rite baptismal célébré au nom de Dieu et de la vraie croix. Telle était la théologie scripluraire du baptême quand apparurent les Sentences et les Sommes.
Hugues de Saint-Victor^, Pierre Lombard'', Robert Pullus^, Robert Paululus^, Pierre de Poitiers"^ étudièrent, sous tous ses aspects, la question du baptême. Deux textes bibliques surtout revinrent fréquemment sous leur plume : Nisi qiiis j-enatus faerit ex aqua... et : Baptizantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Le premier leur servit à prouver que le baptême est, au moins ordinairement, nécessaire au salut, et qu'il doit être conféré avec de l'eau. Du second ils déduisirent que le rite baptismal doit être célébré au nom des trois personnes divines et — du moins Hugues et Robert Paululus, — que la loi du baptême fut établie à partir du moment où le Sauveur envoya ses apôtres prêcher et baptiser les nations. Toutefois Roland préféra rattacher cette loi au moment où fut prononcée la parole : Nisi qais renat us faerit... ; Pierre Lombard au contraire et Hugues, dans ses Sentences^ les rattachèrent au baptême du Sauveur lui-même dans le Jourdain.
Nous venons de voir les résultats généraux auxquels l'étude de la Bible conduisit la théologie du baptême à la fin du douzième siècle. Il nous reste à parler maintenant de deux problèmes que les docteurs de cette époque eurent à résoudre. Le premier fut de savoir jusqu'à quel point la formule : In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti était nécessaire