De officiis écoles., 1. 13, M
LA FORMK DU nAPTÊME. 299
leurs aînés * . A l'exemple des contemporains de Hugues, ils exploitèrent les deux textes : Nisi guis renatus fiicrit...; baptizantes eos..., et ils en déduisirent la matière, la forme ainsi que la nécessité du baptême. Comme Pierre Loml)ard, ils n'abordèrent la question relative aux suppléments du rite baptismal que par le côté patristique. Conmie Pierre Lombard également, ils prouvèrent par les textes des Actes que, durant la vie des apôtres, le baptême avait été conféré avec la formule : In nomine Christi-. Mais — et ici ils répudièrent l'héritage du Maître des Sentences — ils enseignèrent que les disciples du Sauveur avaient seuls été autorisés à employer la susdite formule et que, depuis leur mort, l'invocation des trois personnes divines était indispensable à la validité du rite baptismal. Quant à la date de l'institution du sacrement du baptême, ils refusèrent généralement de la fixer à l'époque du baptême du Christ^. Donc ici encore ils se séparèrent de Pierre Lombard. Et saint Thomas qui fait exception, s'inspira de considérations patristiques. En somme, à part quelques points secondaires, la théologie biblique du baptême fut, au treizième et au quatorzième siècles, ce qu'elle avait été à l'époque de
1. Alexandre de Halès, Summa theologiae, 4. qu. 8. membr. 3, art. 3. — Saint Thomas, Summa, '3. 66. — Tous les commentateurs des Sentences à la distinction 3 de la quatrième partie.
2. Alexandre, loc. cit., $2 : « Adaliud dicendum quod illa forma quae erat in nomine Christi constituta fuit ad tempus propter causam necessariam. In primitiva enim Ecclesia, eo quod nomen Christi erat odiosum incredulis et crubescibiic infirmis, ideo statuerunt apostoli ut in nomine Christi baptizaretur... quo facto redierunt ad formam sibi traditam a Domino. Cessante enim causa debuitcessare efïectus. » — Voircncore : Albert,/?! Sent., 4. 3. art. 2, ad 9 et ad 16. — Saint Thomas, Summa, 3. 66. 6, ad 1. Il dit que les apôtres furent conduits « ex speciali revelatione » à donner le baptême « in nomine Christi ». — Saint Bonaventure, In Sent., 4. 3. pars 1, art. 2, qu. 2 ad 3. — Duns Scot, In Sent., 4. 3. qu. 2. n. 9 : « De nomine Christi patetquod aliquando licitum fuitbaptizare (il se réfère ii Act.). Sed an modo esset baptizatus si sic traderctur dubium est. Videtur quod sic baptizans peccaret mortaliter, imo omnino non baptizaret. » — Durand, In Sent., 4. 3. qu. 1, n. 8 : •< Quod autem in primitiva Ecclesia baptizabatur solum in nomine Christi ut legitur Act. 9, factum est ex speciali revelatione... »
3. Albert, 4, dist. 3, art. 3, ia fixe après la Passion; Scot. 4. 3. qu, 4. 2, avant la promulgation du texte Eunles... mais après le texte : Nisiquis renatus fuerit...
300 THÉOLOGIE scripturaire; le baptême.
Hugues. Les acquisitions qu'elle fit peuvent se ramener à l'ébauche de démonstration biblique du caractère que saint Thomas présenta dans son traité De sacramentis\ et aux trois textes qu'il apporta pour prouver que le baptême remet les péchés^. Résultat modeste, car ces derniers ne disaient rien de plus que ce qu'on lisait dans la célèbre maxime : Nisi quis renatus fuerit. Quant à la preuve biblique du caractère, elle parut si peu convaincante à Duns Scot et à Durand qu'ils ne la mentionnèrent même pas.
1. Summa, 8. 63. 1. Il cite 2 Cor. 1. 21 : Qui unxit Deus, qui et signavit nos.