On'i^ine du poin^oir des clefs
Quand s'ouvrit lapériode scolastique, lathéologie scripturaire du pouvoir des clefs était depuis longtemps arrêtée. Les docteurs du moyen âge n'eurent qu'à conserver l'héritage que leur avaient transmis les Pères. Ils s'acquittèrent fidèlement de leur mission. Au commencement du neuvième siècle, Alcuin apprit que, dans l'Aquitaine, la confession auriculaire était pratiquée exclusivement par les moines et qu'aucun laïque ne consentait à faire connaître ses fautes au prêtre. Impatient de faire cesser cet état de choses, le savant ami de Charlemagne écrivit immédiatement une petite dissertation dans laquelle il prouva par la Bible que les prêtres avaient été investis par le Sauveur du pouvoir de lier et de délier les consciences. Il fit appel aux deux textes de saint Matthieu : Tibi dabo claies regni coelorum et quodcunque ligaveris...; — Quaecuiique alligaveritis'^ ... Quelques années plus tard, Benoît le Lévite prouva la même doctrine par cet autre texte : Quorum r émiser itis...'^ Raban Maur^, Hincmar '*, Hugues de Saint-Victor^, divers autres docteurs re-
\. Ep. 112, M. 100. 337 : « ... quos (sacerdotes) a Deo Christo cum sanctis apostolis ligandi solvendique potestatem acccpisse credimus. » Ici Alcuin renvoie, sans rien citer, à Matth. 16. 19 et 18. 18.
•2. Cap'dui. 1. IIG, iM. 97. 715.