‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 366 sur 547 · Homil. 4, M · texte numérisé non relu

Homil. 4, M

2. Ethica, 26. M. 118. 674 : « Quod itaque Dominus apostolis ait : Quorum remiseritis...., ad personas eorum, non generalitcr ad omnes episcopos référendum videtur. » Un peu plus haut (c. xxv, p. 673) il proteste contre la conduite des évêques : « qui de sua se jactantes potestate quam, ut aiunt, in Petro vel apostolis susceperunt quum eis a Domino diceretur : Quorum... » Toutefois le P. Portalié {Dictionn. de théol. cath., 1. 47) observe justement que les textes de V Ethique s' occupent, moins du pouvoir luimême que du discernement requis à son exercice. Quoi qu'il en soit, la négation du pouvoir des clefs a été mise par le concile de Sens sur la liste des erreurs d'Abélard. (Voir saint Bernard, Capitula haer. Pétri Abaetardi, M. 182. 1053).

3. Sur ces disciples, voir : Denifle, Archiv fur Literatur und Kirchenge schichte des Mittelalters, 1. 584 ; Gietl, Die sentenzen Rolands, xxi ; Portalié dans Dictionn. de théol. cath., 1. 49.

4. L'auteur de VEpitome, 36, M. 178. 1756, fait le silence sur le pouvoir

LE POUVOIll DES CLEFS AU XII*^ SIECLE. 319

Presque tous au contraire proclamèrent que le pouvoir des clefs existait dans l'Eglise et que tous les i)rètres en étaient les dépositaires*. Pour établir ce dernier point, ils eurent recours à des témoignages patristiques qu'on verra ailleurs-. Inutile de dire que le premier fut appuyé sur les textes classiques que nous connaissons.

Abandonné par ses propres disciples, par Pierre Lombard, Roland et Ognibene, Abélard devait lètre, à plus forte raison, par les docteurs du treizième siècle. Ceux-ci en effet furent unanimes à utiliser les attestations scripturaires du pouvoir des clefs qu'ils lisaient dans les écrits de Hugues et de Pierre Lombard ^. Seulement, tandis que les contemporains d'Abélard s'étaient surtout préoccupés d'étendre à tous les prêtres le bénéfice des paroles : Tibi dabo claves regni coeloriim... quodcumqiieliga^eris...,\QS disciples d'Alexandre de Halès,sans négliger ce point de vue, eurent plutôt à cœur de prouver que le pouvoir des clefs était la propriété exclusive de l'ordre ecclésiastique, et que son exercice était réglé par certaines lois canoniques qui assignaient à la juridiction de chaque prêtre un groupe déterminé de fidèles. Les considérations qu'ils firent valoir à ce sujet n'ayant rien de scripturaire, n'ont aucun titre à être rapportées ici.

En somme, les preuves bibliques du pouvoir des clefs furent, en dehors d'Abélard, unanimement adoptées pendant

des clefs; Gratien le mentionne {Decrelum, De poenit., dist. 1, M. 187. loo8), mais on va voir bientôt qu'on ne peut rien tirer de ses textes.

1. Pierre Lombard, Sentent, iv, 18. 1 et 19. 'S, M. 192. 885 et ;890. Le premier endroit donne les preuves du pouvoir des clefs; le second Tétend à tous les prêtres. Roland dans Gietl, p. 26'4et267; Richard de Saint- V^ictor, De polestatelirjandi atque so^u^^tii l,et4, M. 196. 1159 et 1162; Ognibene, dans Gietl. p. 267 ; Robert Plllus, Sent. VI, 61, M. 186. 910, distinguent plus ou moins nettement les deux questions.

2. Cependant Roland, p. 267, prouve par le texte : Quod uni dlco omnibus dico, que : Tibi dabo claves doit être étendu à tous les prêtres. D'autres se contentent d'affirmer le fait sans le prouver. Robert PuUus dit, en parlant de Tibi dabo.. : « Istud Petroet per Petrum omnibus proponitur. »

3. Voir : Alexandre de Halès, Summa IheoL, 4. qu. 20, memb. 1 ; Albert, In IV Sent. 18. 1 ; 19. 3; Saint Thomas, In IV Sent. 18, quaest. 1, art. 1. sol. 1; 19, q. 1, a. 1, sol. 3; Saint Bonavi'Ntuke, M W Sent. 18, pars 1, a. 1, q. 1; 19, a. 1, 1, q. l;a. 2, q. 3; Dlns Scot, In IV Sent. 18, 2; et 19, 12 et 13; Durand, InlV Sent. 18, q. 1. 3; 19, 3.

320 THÉOLOGIE scripturaire; la pénitence.

tout le moyen âge. Mais quelle était la portée de ce pouvoir? Quelles en étaient les conditions? En d'autres termes, quel était exactement le rôle du prêtre quand il déliait les consciences, et qu'avait à faire le fidèle qui désirait recourir au pouvoir des clefs? La solution de ces deux problèmes imposa aux docteurs scolastiques diverses recherches scripturaires dont il nous reste à rendre compte. Commençons par la seconde question et voyons ce que l'on trouva dans l'Écriture pour y répondre.

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