‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 367 sur 547 · II. La Confession · texte numérisé non relu

II. La Confession

Dans la lettre qui a été mentionnée plus haut, Alcuin ne se contenta pas de démontrer l'origine divine du pouvoir des clefs. Il établit aussi la nécessité de la confession au prêtre ^ . Sa première preuve fut empruntée aux textes de saint Matthieu dans lesquels le Sauveur confie à saint Pierre ainsi qu'aux apôtres le pouvoir de lier et de délier. Ces textes lui inspirèrent l'observation suivante : « Qu'est-ce que le pouvoir sacerdotal pourra délier s'il ne connaît pas les liens qui enchaînent le pécheur? Les médecins ne pourront plus rien faire, le jour où les malades refuseront de montrer leurs blessures. » Il fît ensuite appel à la guérison du lépreux, à la résurrection de Lazare, au texte de saint Jacques : Confitemini aller utrumpeccataçestra: « Pourquoi, s'écria-t-il, le Christ, après avoir guéri le lépreux, lui ordonna-t-il d'aller se montrer aux prêtres ? Pourquoi, après avoir ressuscité Lazare, laissa-t-ilàses apôtres le soin de le délier?... Et le mot alterutrum de saint Jacques ne prouve-t-il pas que l'homme doit s'adresser à l'homme, le coupable au juge, le malade au médecin ? » Il rappela également qu'on lisait dans la Sagesse : Qui abscondit scelera sua non dirigetur; qu'on lisait dans saint Paul : Corde enini creditur ad justitiam^ ore autem confessio fit ad salutem; et dans Isaïe : Dic prier injustitias tuas ut justificeris. Il n'oublia pas non plus de signaler l'aveu fait par David devant le prophète Nathan : Peccaçi

1. Epist. 112. M. 100. 337 : « Dicitur vero neminem ex laïcissuam velle confessionem sacerdolibus dare. »

THÈSE d'aLCUIN SUR LA CONFESSION." 321

Domino. On lui objectait, il est vrai, ces deux textes des psaumes: Bonum est confiieri Domino; Dixi^ confitehor ad- K>ersum me injustitiam meani Domino. Mais il répondit que la confession à Dieu devait avoir un témoin; qu'on lisait ailleurs : Quoniam tacui irufetera^ferunt ossa uiea; et que d'ailleurs le mot con/iteri du premier texte désignait probablement un acte de louange et non un aveu ^.

Tel fut le travail d'Alcuin. On y trouve rassemblés pour la première fois des textes bibliques qui, jusque-là, étaient disséminés dans les écrits des Pères, ou qui même n'avaient pas encore été utilisés. En ce sens, il mérite d'être considéré comme la première démonstration scripturaire de la confession auriculaire.

La thèse d'Alcuin fut résumée par le second concile de Châlons dans le canon suivant ; « 11 y en a qui disent que l'on doit confesser ses péchés seulement à Dieu; d'autres sont d'avis qu'on doit les confesser aux prêtres. Ces deux confessions se font avec fruit dans l'Eglise. Nous devons nous confesser, d'une part, à Dieu qui remet les péchés, selon la parole de David: Delictnm meum cogniium tihi feci... Dixi^ confitehor... injustitias meas Domino. Mais nous devons aussi, conformément au précepte de l'Apôtre, confesser nos péchés les uns aux autres et prier les uns pour les autres afin d'être sauvés ^. » Quelque temps plus tard, un autre théologien se rencontra qui mit à contribution la dissertation du grand moine saxon : ce fut l'auteur inconnu du De ^>era et falsa poenitentia qui, de bonne heure, fut identifié avec saint Augustin, et qui, de ce chef, jouit d\ine si grande autorité pendant tout le moyen âge. Voici comment le pseudo-Augustin prouva la nécessité de la confession au prêtre : « Dieu remet les péchés à ceux à qui les prêtres les remettent.

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