Ernsl., p. 337 à
2. Canon 33. ^Iansi, 14. 200; IIarduin, 4, 1036. On retrouve la même pensée dans les capitules de Théodulphe (Capit. 30, M. 105. 200). C'est peut-être lui du reste qui rédigea les canons du second concile de Chàlons. — Gratien a inséré le susdit canon dans son Décret {De poenil. 1. 90. M. 187. 1562), mais non sans le retoucher. A l'endroit où il est question de la confession aux prêtres, Gratien ajoute : « ut tota fere sancta Ecclcsia » ; et il note que la confession à Dieu est une pratique bonne exclusivement pour les justes pour les parfaits : « hoc perfectorum est... quod est justorum ».
Quand le Seigneur eut ressuscité Lazare, il chargea ses disciples de le délier, nous montrant ainsi qu'il a donné aux prêtres le pouvoir de délier. Il a dit en effet : Quodcumque solçeritis super terram erit solutum et in coelis, c'est-à-dire : Moi, votre Dieu, les milices célestes et tous les saints du ciel, nous confirmons ce que vous faites ^ . »
Malgré les efforts d'Alcuin et du pseudo-Augustin, la confession avait encore des ennemis au commencement du douzième siècle. « Prouvez-nous que Ton doit confesser ses péchés. Apportez-nous des textes de l'Écriture qui promulguent ce précepte^. » Voilà ce que les fidèles répondaient fréquemment, quand on les pressait d'aller se jeter aux pieds d'un prêtre. Et ils faisaient cette objection avec une désinvolture qui arrachait à Hugues de Saint-Victor la boutade suivante : « Vous qui demandez un texte scripturaire pour confesser vos péchés, montrez-en donc un qui vous ordonne de les cacher ! Si vous refusez de vous confesser, sous prétexte qu'il n'y a pas de texte dans l'Écriture qui nous y oblige, pourquoi donc tenez-vous vos péchés cachés alors qu'aucun texte ne vous y autorise ^? » Toutefois le savant abbé n'en resta pas là et il administra à ses adversaires les preuves que ceux-ci demandaient. « Ecoutez l'Écriture, leur dit-il, voici ce qu'elle enseigne : Qui abscondit scelera sua no/ijustificabitur. Or, qu'est-ce que cacher ses péchés, sinon les taire et refuser de les confesser?... Voulez-vous encore connaître l'utilité de la confession et le danger du secret, écoutez le psalmiste : Quoniam tacui in{>el^raverunt ossa mea dum clamarem totadie; — Dixi^ confitebor adversuni me injustitiam meam Domino^ et tu remisisti impietatem peccati mei. Vous voyez bien que les péchés vieillissent quand on les tait, et qu'ils sont remis quand on les confesse. Mais, me direz-vous : Je confesse mes péchés à Dieu ; je suis en règle avec l'Ecriture
1. De vera et falsa poenitentia,'2^, parmi les œuvres de saint Augustin, M. 40. 1122.
2. Hugues de Saint- Victor. De sacramentis, 2 pars 14. 1. M. 176. 549, rapporte cette objection : « Date auctoritatem.. Quae Scriptura hoc praecipit ut confiteamur. » Voir encore: De visitatione infirmorian, 2, 4, M. 40. 1154 : « Sunt quidam qui sufficere sibi ad salutem autumant si soli Deo... sua confiteantur crimina. » — Ad fratres in eremo, 30, M. 40. 1288.