De sacramentis, p. 550 à
•1. Ihid., p. 552 : « iMcdicis erpo dixit ut curarent, sed infirmis nondixit ut ad modicoscurandi venirent. Hoc quasi ccrtum esse voluit quod aegri libonter salutem quaererent... Tamen ipsi medici postea, quia négligentes in curatione sua aegrotos invonerunt, eos ad salutem quaerendam... praecepto attraxerunt. Confitemini, inquit Jacobus... »
324 THÉOLOGIE scripturaire; la pénitence.
il fut abordé par Abélard, puis par ses disciples du douzième siècle; puis par les grands scolastiques du treizième et du quatorzième siècle. Tous les docteurs, depuis l'illustre professeur de Sainte-Geneviève jusqu'à Duns Scot, se demandèrent ce qu'il fallait penser de la confession. Nous devons ajouter immédiatement que tous, sauf un, en reconnurent la nécessité, et qu'ils refusèrent le salut au chrétien qui, chargé de fautes graves, mourrait après avoir refusé de se confesser. Il est vrai que ceux d'entre eux qui vinrent après 1215 se trouvaient en face du canon Utriusque sexus, qui imposait à tous les fidèles, sous peine d'excommunication, le précepte de la confession annuelle. Mais, sans attendre le quatrième concile de Latran, Abélard \ son disciple, l'auteur anonyme de VEpitome ^, Pierre Lombard^, Pierre de Poitiers'', Richard de Saint- Victor -', Roland ^, Ognibene '^, présentèrent le recours du pécheur au prêtre comme une condition nécessaire au pardon. Il y eut, ai-je dit, une exception. Elje vint de Gratien. Dans les dernières pages de sa vaste compilation, le docteur de Bologne se demanda si la confession au prêtre était nécessaire. Dans une filandreuse et obscure dissertation, il servit, en plusieurs lots, les textes qui favorisaient la réponse affirmative ainsi que ceux qui conduisaient au résultat contraire. Puis il refusa de se prononcer et laissa la question indécise^.
Donc l'existence du précepte delà confession fut presque universellement admise par les docteurs dont les écrits nous sont parvenus. Mais quelle était l'origine de ce précepte? Quelle en était la nature ? Avait-il sa source dans une des paroles du Sauveur reproduite par les Evangiles? Où devait-on la chercher ailleurs? Venait-il du Christ, des apôtres ou de l'Église? La
1. Sermo 8, M. 178. 441 et 442 ; voir le texte plus loin, p. 325, note 3. Ethica, 24. M. 178. 668, Voir encore le Sic et Non, m. 178. 1399, qui toutefois s'abstient, ici comme toujours, de conclure.