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De opcrlbus Spiritus Sancti, VIII, 12, M

3. Ethica, 19, M. 178. 66-4 : « In hoc statim gemitu Dec reconciiiamur et praecedentis peccati voniam assequimur, juxta illud prophetae : Qvmciaw/ue hora... »

332 THÉOLOGIE scripturaire; la pénitence.

réunissant ces matériaux, ils les employèrent à prouver que le pouvoir des clefs — dont personne ne récusait l'existence — devait être entendu dans le sens d'une simple attestation du pardon obtenu par la contrition, et que le pécheur était toujours justifié avant de recevoir l'absolution du prêtre. Bornons-nous à quelques exemples. Pierre Lombard fait appel à la résurrection de Lazare ainsi qu'à cette parole dlsaïe : Ego soins deleo iniquitates et peccata populi : il conclut que l'absolution donnée par le confesseur a pour but, non de remettre vraiment les péchés, mais de certifier le pardon accordé par Dieu \ Roland tire la même conclusion, après s'être référé à la résurrection de Lazare et aux textes : Dixi, confitehor, et tu remisisti iniquitatem populi met; — In quacumque hora peccator conversus fuerit, omnium peccatorum ejus non recordahor 2. » Saint Bonaventure déclare que le prêtre ne peut jamais absoudre un pécheur que lorsqu'il le présume déjà absous par Dieu^,

1. Sentent., IV, 18. 4 à 8, M. 192. 886 à 888. Au n. 4 Pierre expose successivement la théorie de Hugues qu'on va voir bientôt, puis la théorie qui nous occupe ici. 11 apporte en faveur de cette dernière le texte de Isaïe : Ego solus... et diverses attestations patristiques qui seront mentionnées en leur lieu. 11 complique le problème (n. 5) par deux autres textes et s'écrie : « Ecce quam varia a doctoribus traduntur super his, et in hac tanta varietate quid tenendum? » Enfin il prend position en ces termes (n. 5 fin, et G) : « Ipse enim (Deus) per se tantum dimittit peccatum... Non autem hoc sacerdotibus concessit, quibus tamen tribuit potestatem solvendi et ligandi, id est ostendendi homines ligatos vel solutos... Hi ergo peccata dimittunt vel retinent dum dimissa a Deo vel retenta judicant et ostendunt. » Ceci est confirmé par l'histoire des lépreux guéris pendant qu'ils allaient vers les prêtres, et par l'histoire de Lazare ressuscité avant d'être remis aux disciples pour être délié. Au n. 7 Pierre aborde un autre ordre de considérations qui sera mentionné plus loin.

2. Sententiae, dans Gietl, Die Sentenzen Rolands, p. 243 et 244 : « Quod peccatum remittitur in sola cordis contritione, probatur auctoritate Domini... »; suivent les preuves mentionnées ici. Roland conclut : « Unde manifeste colligitur quod in cordis contritione peccatum remittitur, sed in oris confessione de remissione facta Ecclesia certificalur. » Ibid., p. 248 : « In oris confessione operumque satisfactione remittitur, id est remissum monstratur. »

3. In IV Sent. 18, pars I, art. 2, quaest. 1 : « Numquam enim sacerdos absolveret quemquam de quo non praesumeret quod esset absokitus a Deo ». Noter le contra de cette même question. On y lit : « Absolutio sacerdotis nihil valet antequam homo sit vivificatus per gratiam... ergo sacerdos non potest super culpam. » Cette doctrine est appuyée sur le récit de la résurrection de Lazare.

LE RÔLE DE l'aBSOLUTION SELON HUGUES DE SAINT-VICTOR. 333

et que la i)arole du Sauveur : Quorum rcmiseritis pecçata^ doit s'entendre d'une rémission : « quantum adostensionem^ ». 11 ajoute : « vel solum quantum ad poenam ». On va avoir à

I instant l'explication de cette formule -.

Mais, dès le milieu du douzième siècle, une voix s'éleva qui montra combien cette théorie s'accordait mal avec la charte du pouvoir des clefs. « Quand le Sauveur, dit Hugues, prononça les paroles : Quodcumque soheris. il ne chargea pas Pierre de constater une absolution déjà donnée par le ciel : il l'autorisa à en donner une qui serait ensuite ratifiée là haut... Et ne dites pos que les paroles Quodcumque soWeris furent adressées exclusivement à Pierre. Ecoutez en effet ce qui a été dit aux apôtres et, en leur personne, à tous leurs successeurs ou représentants : Quorum... remiseritis peccata... Notre-Seigneur a-t-il dit : Vous certifierez que tels péchés ont été remis? Non, mais il a dit : les péchés que vous remettrez sont remis ^... » Ainsi parla l'auteur du De sacrameniis. Et, fort des considérations qu'on vient de lire, il déclara que l'absolution donnée par le prêtre était autre chose qu'un simple certificat du pardon accordé préalablement par Dieu au pécheur. Avait-elle donc une vertu purificatrice? Possédait-elle le pouvoir de remettre les péchés? La logique demandait à Hugues d'aller jusque-là.

II nosa la suivre et, après avoir protesté contre la théorie en

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