IV. La réitération de la pénitence
L'auteur du De vera et falsa poenitentia nous parle de certains rigoristes qui appliquaient à tous les péchés commis après le baptême la condamnation sévère portée par le Sauveur sur les péchés commis contre le Saint-Esprit, ainsi que ce texte de saint Jean : Est aliud [peccatum] ad morteni pro quo non oret guis; et qui concluaient de là que tous les péchés des chrétiens étaient irrémissibles. Pseudo- Augustin répond que le péché contre le Saint-Esprit est, non pas la faute de telle ou telle classe d'hommes, mais l'impénitence finale. Il ajoute que, dans la pensée de saint Jean, les péchés pour lesquels on peut prier sont les péchés véniels, qui sont effacés par la récitation du Pater, tandis que les péchés pour lesquels on ne prie pas, sont les péchés mortels qui sont effacés, non par la récitation de l'oraison dominicale, mais par « les fruits de pénitence ^ » .
Le même auteur nous signale d'autres rigoristes mitigés qui accordaient aux chrétiens le bienfait de la pénitence, mais une fois seulement. Et il nous apprend que ce sentiment prétendait s'appuyer sur cette parole de Notre-Seigneur : Vade, noli aniplius peccare ne quid tihi deterius contingat, ainsi
1. In IV 5en<.,14, quaest.4, n. 2. Ici sont apportés les deux textes scripturaires indiqués ci-dessus. Scot les destine à résoudre dans le sens affirmatif le problème suivant: « Utrum per sacramentum poenitentiae deleatur culpa? » Au n. 6 il réfute Pierre Lombard. Puis (n. 9, fin) il accorde qu'une certaine résurrection spirituelle du pénitent est nécessaire avant la réception du sacrement de pénitence. Mais il ajoute qu'il suffit d'une résurrection « secundum quid, scilicet ut habeat aliqualem displicentiam de peccatis et propositum cavendi de caetero ».
2. Durand, /nIV Sent.^ 18, quaest. 2, n. 2 et 6 (fin), enseigne la même doctrine que Scot et il l'établit sur : Quorum remisejHlis.