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CHAPITRE XII

L'EXTRÊME-ONGTION.

Le texte de saint Jacques : Infirmatur quis in çobis... fut, dans le domaine scripturaire, la source unique à laquelle les théoloo-iens du douzième siècle puisèrent leurs renseignements sur l'extrême-onction. Ils lui demandèrent d'abord quelle était Torigine de ce rite, et ils crurent y lire que le sacrement des infirmes avait été institué, non pas par le Christ lui-même, mais par les apôtres ^ . Ils s'enquirent ensuite des effets de l'extrême onction. Et la formule : Alleviabit eum Dominus et si in peccatis sit remittentiir ei, leur apprit que cette institution apostolique avait, pour double but, de remettre les péchés et de soulager les souffrances du malade ^. Telle est la théologie scripturaire que nous rencontrons chez Hugues de Saint- Victor, Pierre Lombard, Roland et Robert Paululus.

A partir du treizième siècle, on cessa communément de mettre dans le texte de saint Jacques l'origine de l'extrême-onction. De cette attitude générale il faut excepter saint Ronaventure qui resta fidèle à l'exégèse de Pierre Lombard. Le docteur

L Pierre Lombard, »Sewfe?i^., 4. 23.2: « Hoc sacramentum unctionis infirmorum ab apostolis institutum legitur, ait enim Jacobus... » Pierre copie ici Hugues : Summa Sent., 6. 15, M. 176. 153; De sacrament. 2. pars 15. 2, M. 176. 577. — Voir encore : Roland, Sentenzen Rolands, dans Gietl, p. 262; Robert Paululus, De offlciis écoles., 1. 27, M. 177. 396.

2. Pierre Lombard, Sentent., 4. 23. 2 : « In quo (textu) ostenditur duplici ex causa sacramentum hoc institutum, sciiicet ad peccatorum remissionem et ad corporalis infirmitatis alleviationem. » Il copie Hugues : De sacram. 2. pars 15. 2, M. 176. 577. — Dans la Summa Sent. 6. 15, p. 153, Hugues ne mentionne que la « remissio ». Roland, p. 262, signale les deux effets.

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sérapliique s'efforça de démontrer que, si le Christ avait institue le sacrement des infirmes, les évangélistes n'auraient pu se dispenser de nous l'apprendre ; il rappela que les apôtres avaient reçu des pouvoirs spéciaux, par exemple celui de changer provisoirement la forme du baptême établie parle Christ; et il conclut que la charte de l'institution de l'huile sacramentelle devait être cherchée dans le texte de saint Jacques, puisque le précepte de l'onction des infirmes y trouvait sa première attestation \ Mais Albert le Grand-, saint Thomas ^, Durand''* et Duns Scot"' furent d'accord à enseigner que le sacrement de l'extrêmeonction avait été institué par le Christ lui-même et que saint Jacques n'avait eu d'autre rôle que de promulguer la loi portée par le Sauveur. Toutefois ils se divisèrent lorsqu'il leur fallut préciser. Albert et Duns Scot, estimant que les apôtres avaient dû nécessairement agir d'après les instructions du Sauveur quand, au cours de leur première mission, ils oignirent d'huile les malades pour les guérir, conclurent que l'institution divine de l'extrême-onction était indirectement attestée par le texte de saint Marc : Et ungebant oleo multos aegj^os et sancibant ^. Saint Thomas ^ et Durand ^ furent plus réservés. Ils déduisirent l'institution divine de l'extrême-onction de considérations théologiques étrangères à l'Écriture. Ou s'ils firent appel au texte de saint Marc, ce fut en passant et sans y

1. In Sent., 4. 23, art. l, qu. 2 : « Quomodo probabile est ut omnes evangelistae sic sub silentio tam nobilia sacramenta (confîrmationem et extremam unctionem) pertransissent si Christus instituisset... Et ideo probabilius alii dicunt, et Mag-istor videtur hoc sentire, immo aperte dicit quod Spiritus Sanctus per apostolos hoc sacramentum instituit... » Bonaventure est sans doute ici l'écho d'Alexandre de Ilalès dont la Summa theologiae s'arrête au sacrement de pénitence mais qui, dans son enseignement oral, avait dû exprimer sa pensée sur l'origine de l'extrêmeonction.

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