‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 383 sur 547 · Supplem · texte numérisé non relu

Supplem

6. In Sent., 4. 23, art. 1, qu. 1. Après avoir rejeté l'opinion (soutenue par saint Thomas) qui attribue à ce sacrement la disparition des « restes » du péché, il expose sa théorie et ajoute que l'extrème-ojiction soulage le corps « per accidens » en tant que ce soulagement peut résulter de la rémission des péchés véniels.

LA FORME DE i/eXTRÉiME-ONCTION. 343

qu'on vient de lire, et aussi sur le texte de saint Marc où sont rapportées les onctions thérapeutiques faites par les apôtres \

Au moyen âge, l'extréme-onction, était administrée dans certaines églises avec une forme indicative; d'autres églises au contraire, et notamment Téglise romaine, se servaient de la forme déprécative, qui seule est aujourd'hui en vigueur ^. Cette diversité ne fixa pas Tattention de Pierre Lombard et de ses contemporains. Mais, au treizième siècle, on s'en émut et l'on chercha lequel de ces deux usages était authentique. Ce problème fut résolu par deux autorités, dont Tune fut celle de saint Jacques. Albert le Grand, saint Thomas et saint Bonaventure ^ soulignèrent l'expression : Oratio ficlei sahmbit infirmum et ils conclurent que les onctions sacramentelles empruntaient leur vertu à « la prière de la foi », c'est-à-dire à une forme déprécative. Durand utilisa lui aussi cet argument, mais on verra bientôt qu'il ne lui accorda pas une valeur décisive '.

Telle fut à peu près la théologie scripturaire de l'extrêmeonction depuis Charlemagne jusqu'au concile de Trente. Ajoutons, pour ne rien omettre, que les formules : inducat presbyteros, ungentes eum oleo, infirmatiu^ qids in vobis, servirent respectivement à prouver que les prêtres seuls ont le droit de conférer ce sacrement, qu'ils doivent se servir d'huile pour l'administrer, et que les malades sont seuls aptes à la recevoir ^. Mais ces divers points furent établis sans difficulté et ne méritent pas de nous arrêter.

1. Supplem., 30. 2 : « Operatio Ecclesiae habet majorem efficaciam post Christi passionem quani ante, sed ante oleo inuncti peu apostolos sanabantur ut patet Marci 6. Ergo et nunc habet eflectum in corporah sanatione. » Voir encore : ibid., ad 3.

2. Ces renseignements nous sont fournis surtout par Albert, In Se^it., 4. 23, art. 4 : ■< Multae Ecclesiae habent pro forma oyationcm indicativam sicut tota Ecclesia Alemannae... praeterea constat mihi quod antiquissimi libri in illis terris habent indicativam orationem et postea subjungitur oratio. » Voir encore : saint Thomas, Supplem., 29. 8; saint Bonaventure, In Sent., 4. 23, art. 1, qu. 4.

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