Ibid
348 THÉOLOGIE scripturaire; le mariage.
de citer le texte de saint Paul qui autorise les secondes noces ^ Cette théologie scripturaire reparaît chez la plupart des docteurs des deux siècles suivants. Elle se présente même, avec quelques additions nouvelles, dans saint Thomas qui prouve la légitimité des secondes noces par ce texte des EpUrea pastorales : Volo jiiniores (viduas) niibere ^ ; qui fait servir lexemple des patriarches à démontrer que la polygamie a pu être autorisée par Dieu ^ ; qui appuie l'indissolubilité du lien conjugal sur la parole du Sauveur : Qnod Deus coiijunxit homo non separet^\ et qui s'autorise du texte : Millier siii corporis potestatem non hahet^ pour prescrire à chacun des époux d'obtenir le consentement de son conjoint avant de se livrer à la pratique de la continence ^. Ces additions, il est facile de le voir, n'ont aucune importance. En revanche, il n'est pas sans intérêt de nous arrêter un instant sur l'exégèse des deux textes : Sacramentum hoc magnum est, et : Nisi oh fornicationem.
Hugues et Pierre Lombard s'étaient bornés à déduire de la première de ces formules que le mariage est le symbole de l'union du Christ et de son Eglise. Albert le Grand adopta cette interprétation^. Saint Thomas au contraire, ayant à prouver que le mariage donne la grâce, appela à son secours la parole de l'apôtre : Sacramentum hoc magnum est. Et, pour justifier la conséquence qu'il tirait du texte inspiré, le docteur angélique fit observer que tout sacrement donne la grâce '^. Ce principe une fois admis, il était tout simple en effet de prouver par l'expression : Sacramentum hoc magnum est, que le mariage donne la grâce — au moins à une époque où le mot Sacramentum était pris couramment dans le sens de sacrement. Mais le principe était-il incontestable? Duns Scot ne le crut pas, et tout en accordant que le mariage procure la grâce à ceux qui