Ibid., 64. 4, tiré ùq In Sent., A. 32. art
Q, Albert ne cite pas ce texte, mais son opinion nous est connue par l'enquête qu'il a faite auprès des docteurs. Voir plus bas, p. 471. 7. Supplem., 42. 1; Summa philosophica, 4. 78.
LE TEXTE : « MSI OU FORNICATIONEM ». 349
n'y mettent pas obstacle, il n'osa appuyer ce sentiment sur le texte de VEpître aux Ephésiens '. Durand estima, lui aussi, que la formule : Sacramentum hoc magnum est, n'élevait pas par elle-même le mariage au delà de la catégorie des signes ou symboles, et comme la Tradition — on le verra ailleurs — ne lui parut offrir aucun renseignement plus net, il conclut que le mariage n'était pas un sacrement « univoque » aux autres sacrements; qu'il symbolisait l'union du Christ avec son Eglise, mais qu'il ne donnait pas la grâce ^.
Pierre ne vit dans le texte : Nisi ob foniicationem^ que l'autorisation de procéder à la séparation de corps en cas d'adultère. Et pourtant les derniers mots de la phrase du Sauveur : Et aliam duxcrit^ ne semblaient-ils pas permettre à l'époux de convoler à de nouvelles noces après le renvoi de l'épouse adultère? Saint Thomas^ et saint Bonaventure''* examinèrent cette objection. Leur solution fut simple. Ils déclarèrent que l'expression: AV5ioô/b/-/i/6'<2//o/ze/?2, s'appliquait non au secondmariage mais seulement au renvoi, et que l'adultère autorisait ceci, mais non cela. Que valait cette exégèse? Durand l'examina de près et la trouva plus complaisante que solide. « Si l'on croit, ditil, que les mots : Nisiob foimicationem^ ne légitiment que la séparation, on devra logiquement admettre que l'homme qui, en dehors du cas d'adultère, se sépare de sa femme, commet par le fait môme l'adultère, puisque le Sauveur ajoute : moechatur. Or cette conséquence est absolument fausse. » Fort de cette considération, le docteur de Saint-Pourçain crut devoir reconnaître que le Christ avait autorisé les secondes noces en cas d'adultère. Mais il remarqua que la loi mosaïque condamnait l'épouse adultère à la lapidation et que, par là même, le mari offensé était veuf au moment où il procédait à son second mariage ^. Dès lors sa traduction du texte de saint Matthieu cessait d'être scandaleuse.