CHAPITRE XV
LE CULTE DES IMAGES
Exposée à la hâte et très incomplètement par les scolastiques, quand elle n'a pas été passée complètement sous silence, cette partie de la théologie fut à peine l'objet d'un enseignement didactique à partir du dixième siècle ^ En revanche, à l'époque de Charlemagne, elle provoqua une controverse qui, si elle n'amena pas de catastrophe, ne manqua pas néanmoins de gravité. .
Trois ans à peine après le second concile de Nicée, le problème du culte des images, que l'auguste assemblée semblait avoir résolu, fut de nouveau livré à la discussion. Alors parut un livre qui approuvait l'emploi des images comme moyens d'instruction et d'édification, mais défendait qu'on leur rendît un culte ^. Il condamnait donc, à la fois, et la doctrine iconoclaste et la pratique chère à l'église orientale. Toutefois les partisans de Léon l'Isaurien n'y étaient mentionnés qu'en passant ^, et c'était presque exclusivement à leurs adversaires que s'en prenait l'auteur. La dissertation était un réquisitoire où les considérants, tant scripturaires que patristiques, auxquels on avait eu recours pour réfuter les iconoclastes, étaient soumis à une critique implacable. « Le texte : Creavit Deus hominem
L Voir les commentaires sur \q^ Sentences : liv. III, dist. 9. On ne se préoccupe guère que des images du Christ. Saint Thomas ne parle, lui aussi, que des images du Christ dans Isl Somme, 3. 25. 3. Ailleurs (Summa, 2. 2. 81. 3, ad 3) il consacre deux lignes aux images en général. Voir encore Durand : /n Sentent., 3. 9. 8 et suiv.