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352 THÉOLOGIE scripturaire; le culte des images

tration, et telle était la forme violente qu'il leur donnait. Les autorités scripturaires qu'il rejetait avec le dédain qu'on vient de voir, provenaient en partie de la lettre du pape Adrien, mais surtout du livre de Léonce de Chypre. L'ennemi visé était le second concile deNicée, qui avait accueilli avec faveur la lettre du pape et le livre de Léonce. Celui qui parlait sur ce ton rogue et irrespectueux de l'illustre assemblée, n'était autre que le savant Alcuin. Et, dans cette circonstance, Alcuin était le porte-parole de Charlemagne dont il exécutait les ordres et dont il prenait le nom ^ . Assurément les textes auxquels s'attaquait le docte moine n'avaient aucun rapport avec le culte des images. On n'a donc pas besoin de connaître comment il a réalisé son programme. 11 se trouvait en face de témoignages dépourvus de toute valeur, et les écarter était pour lui chose aisée. Toutefois l'impartialité lui faisait un devoir d'observer que ses adversaires ne s'étaient occupés qu'accessoirement du culte lui-même des images. En négligeant de mentionner cette circonstance atténuante, il a exagéré les erreurs qu'il voulait réfuter.

Charlemagne chargea une députation de porter les Libres carolins au pape Adrien ^ (793). Le pontife, qui était en communion d'idées avec le second concile de Nicée, reçut, cela va sans dire, avec peine un ouvrage où la conduite de la vénérable assemblée était, d'un bout à l'autre, soumise à une critique irrévérencieuse, et où sa lettre à lui-même était l'objet d'attaques indirectes. Il estima qu'une protestation était nécessaire, et il écrivit dans ce but le traité De imaginibus^ qu'il envoya ensuite à Charlemagne^. Certes les Livres carolins s'é-

1. C'est Charlemagne qui est censé écrire. Voici du reste le titre du livre : « In nomine Domini et Salvatoris nostri Jesu Christi, incipit opus illustrissimi et excellentissimi seu spectabilis viri Caroli, nutu Dei régis Francorum... » L'authenticité des Livres carolins, rejetée par Bellarmin, a été solidement démontrée par Noël Alexandre : Dissertatio de imaginibus, S 2, dans M. 98. 975. Voir encore Hefele, Conciliengeschichte, P éd., 3. 654.

2. Voir : Conventus parisiensis, M. 98. 1300 : « Quum sanctae memoriae genitor vester... capitula praenotasset eaque per Angilbertum abbatem eidcm Adriano papae direxisset... »

3. Epistola Adriani papae ad B. Carolum regem de imaginibus^ M. 98.

COMBATTU PAR l'aSSEMBLÉE DE PARIS. 353

taient plus dune fois mépris sur la vraie pensée des Pères du concile, et il était urgent que leurs allégations inexactes fussent rectifiées. Mais Adrien ne s'en tint pas là. Il entreprit de défendre contre Charlemagne et Alcuin les démonstrations scripturaires du culte des images, dont le concile avait entendu sans protester la lecture. Cette entreprise devait échouer. Aussi le pape fut réduit à faire valoir des considérations étrangères à la question ^ . Ne nous arrêtons pas à discuter ni même à rapporter ses réponses, et disons simplement que rinspiration du De imaginibus ne fut pas heureuse.

Les résultats n'en furent pas meilleurs. Trente ans plus tard (825), Louis le Débonnaire, invité par l'empereur de Constantinople à étudier la question des images, convoqua les évêques ainsi que les théologiens les plus renommés, et leur demanda un rapport -. h' Assemblée de Paris s'occupa surtout de compulser les écrits des Pères, et l'on verra ailleurs quel fut le produit de ses investigations. Mais elle accorda aussi quelque attention à l'Écriture, et ce fut pour appuyer les Livres carolins. On lit dans le rapport : « Comme il y en a qui prétendent justifier l'adoration des images par l'exemple de Jacob qui, disent-ils, a adoré son fils Joseph ou du moins le bâton de Joseph, nous allons voir comment saint Jérôme et saint Augustin entendent cet endroit de l'Ecriture^. » Et ces deux docteurs déposent que Jacob n'a adoré ni Joseph ni son bâton. Le rapport continue : « Il faut répondre à ceux qui, pour légitimer l'adoration des images, allèguent l'endroit de l'Ecriture où David est dit avoir adoré Nathan... ainsi que les deux chérubins '*. » Et on nous démontre en effet que le culte des images n'a rien de commun avec les chérubins qui ornaient le temple de Tancienne loi, pas plus qu'avec les témoignages de respect que David donna au prophète Nathan. \J Assemblée de Paiis de 825 n'a tenu aucun compte du plaidoyer d'Adrien. Elle le connaît pourtant, car elle le mentionne. Mais c'est uniquement pour dire que, dans le De Ima-

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