Voir plus loin, p
4. Claude fit un livre dont Jonas et surtout Dungale nous ont donné des extraits: M. 106. 312 et 105. 459.
JONAS d'oRLKANS CONTRE CLAUDE DE TURIN. 355
« Tu prétends, lui dit Jonas, t'appuyer sur Tendroit de V Exode qui interdit les représentations de tout ce qui est au ciel et sur la terre... Que ce texte prescrive de réserver à Dieu le culte et l'adoration qui lui convient, nous le reconnaissons nous-mêmes... Mais la question est de savoir s'il défend de peindre dans les églises des images de saints et des scènes historiques pour Tédification et l'enseignement. Si oui, je te demanderai comment il se fait que, sur Tordre du Seigneur, Moïse a placé dans le tabernacle les deux chérubins d'or et les autres objets dont parle V Exode; comment il se fait encore que Salomon a placé dans la maison du Seigneur des statues représentant des bœufs et des lions... * » Consentant à trouver dans l'Ecriture le droit des images à l'existence, l'Eglise de France n'avait qu'un pas à faire pour se mettre d'accord avec l'Eglise universelle, et pour reconnaître qu'aucun texte scripturaire ne s'opposait au culte de ces mêmes images. A quelle date se résolut-elle à faire ce pas? On ne saurait le dire. Mais elle le fit. De bonne heure elle vénéra comme un maître l'auteur de la Somme théologique. Or, on lit dans la Somme que les images, en tant qu'elles conduisent à Dieu, sont susceptibles d'un culte légitime, et que l'Ecriture a seulement défendu d'adorer les images des faux dieux ^.
1. De cuUu imaginum, 1, M. 106. 318. Le livre de Dungale est intitulé : Liber adversus Claudium Taurinensem. M. 105. 465.