Ibid., p. 66 à
366 THÉOLOGIE patristique; le filioque
fait aucune conséquence \ Saint Hilaire déclare, dans un endroit, que le même Esprit « reçoit du Fils, est envoyé par le Fils et procède du Père » ; puis il explique que l'expression « recevoir du Fils » est, quant au sens, identique à l'expression « procéder du Père 2. » Dans un autre endroit, il dit que le Saint-Esprit « procède du Père par l'intermédiaire du Fils ^ ». Aucun de ces textes n'enseigne clairement le Filioque. Le dernier s'interpréterait même plus facilement en faveur des Grecs. Saint Cyrille, dans la Lettre aux Orientaux, enseigne que les deux dernières personnes de la Trinité ont la même essence ; il ne va pas plus loin. Alcuin n'a donc pas toujours été assez exigeant dans le choix de ses preuves.
On doit toutefois reconnaître qu'il a eu souvent la main plus heureuse, et qu'un bon nombre de témoignages allégués par lui soutiennent l'examen le plus rigoureux. L'endroit de la Lettre à Nestorius où saint Cyrille dit que ^ « l'Esprit découle du Fils, tout comme il vient du Père », ne laisse rien à désirer. Surtout les textes de saint Augustin et des Pères latins venus après lui sont au-dessus de toute objection. Que peut-on en effet chercher de plus décisif que ces paroles de l'évêque d'Hippone : « N'allons pas croire que le Saint-Esprit ne procède pas aussi du Fils, car ce n'est pas en vain qu'il est appelé l'Esprit du Père et du Fils "^... Pour comprendre comment le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, il faudrait pouvoir comprendre comment le Fils procède éternellement du Père ^ »? Le pape saint Grégoire n'enseigne-t-il pas manifestement la doctrine du Filioque quand il dit : « La mission du Saint-Esprit, c'est la procession par laquelle il vient du Père et du Fils "^ » ? Gennade pense-t-il autrement quand il écrit : « Nous croyons que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un seul Dieu, parce que le Père a le Fils, que le Fils a le Père, et que le Saint-Esprit