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PROUVK V\\\ ALCUIN ET THÉODULPIIE. 367
procède de l'un et de l'autre* »? Enfin Boèce et saint Isidore de Séville ne tiennent-ils pas un langage strictement augustinien dans les passages suivants : « Pensons que le Fils procède du Père et (jue le Saint-Esprit procède de l'un et de l'autre... Le Saint-l'^sprit est Dieu parce qu'il procède du Père et du Fils - » ? Et l'Église latine du sixième siècle a laissé une autre attestation de sa croyance à la participation du Fils dans la procession du Saint-Esprit. « Le Saint-Esprit n'a été ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède du Père et du Fils. » Cette formule, que Tauteur du De processione Sancti Spiritus attribue à saint Atlianase, a été rédigée peut-être par un moine du midi de la Gaule; elle n'est pas de l'illustre évoque d'Alexandrie. Mais elle a une importance exceptionnelle puisque, dès le septième siècle, elle fut érigée en règle de foi. On devine qu'elle est tirée du symbole Qiiicumque -^
Tous ces textes, Alcuin est allé les chercher dans les ouvrages où ils étaient enfouis. Il les a fait apparaître au grand jour et les a rassemblés. C'est lui qui a fondé la preuve patristique du Filioque.
Théodulphe eut sans doute sous les yeux le travail d'Alcuin. La plupart des textes que l'auteur du De processione Sancti Spiritus avait recueillis, passèrent dans le De Spij^itu Sancto '•. Mais le savant moine saxon n'avait eu le temps d'emprunter à saint Augustin que trois ou quatre textes du De Trinitate; de chacun de ses autres témoins il n'avait apporté qu'une seule déposition. L'évéque d'Orléans établit son enquête sur une base plus large et obtint des renseignements plus nombreux. Le grand évêque d'Hippone lui fournit dix-huit attestations ; le pape saint Grégoire et saint Isidore lui en apportèrent chacun quatre. Didyme, Fulgence, Hormisdas, Prosper, Vigile de Thapse, Proclus, Agnellus, Cassiodore, Prudence, qui avaient été négligés par Alcuin, furent consultés et eurent à faire connaître leur sentiment au sujet de la procession du