De Spirilu Sancto, M. 105, -230 et suiv
368 THÉOLOGIE patristique; le filioque
Saint-Esprit. Saint Athanase parut le premier et prit huit fois la parole ^ . Hâtons-nous d'observer que cette liste patristique n'est pas de tout point irréprochable. Le texte de Proclus et les longs extraits de Didyme ne traitent que de la divinité du Saint-Esprit 2. Par contre, les déclarations mises sur le compte d' Athanase enseignent le Filioque avec une netteté qui ne peut être surpassée. Malheureusement toutes, une seule exceptée, sont tirées d'un livre dont le véritable auteur est Vigile de Thapse; et celle qui ne sort pas de ce livre, vient du symbole Quicumqiie. Saint Augustin lui-même se voit attribuer indûment sept attestations, dont trois appartiennent à Fulgence^ et quatre '' sont d'origine inconnue. Toutefois ces inexactitudes, et quelques autres de moins d'importance qu'il serait trop long de mentionner, ne doivent pas nous faire méconnaître la valeur du De Spiritu Sancto. Théodulphe a augmenté notablement le recueil commencé par Alcuin, et si quelquesunes de ses acquisitions n'ont pas de portée, la plupart résistent à toute critique. On ne peut nier, par exemple, que Cassiodore ne croie au Filioque, lui qui a pu écrire : « Le propre du Père est d'engendrer le Fils avant tous les siècles ; le propre du Fils est d'être engendré naturellement par le Père ; le propre du Saint-Esprit est de procéder du Père et du Fils ^. » En résumé, l'évêque d'Orléans a fait progresser la théologie patristique du Saint-Esprit.
On se rappelle que, dans la seconde moitié du neuvième siècle, Ratramne, Énée et le concile de Worms défendirent la croyance de l'Église latine contre les accusations de Photius. Les évêques germains recueillirent péniblement dans les écrits de saint Augustin une demi-douzaine de textes, dont aucun ne touchait la question en litige ^ Manifestement ces dignes évêques n'avaient lu ni Alcuin ni Théodulphe. Leur travail, qui