PROUVÉE CONTRE LES MANICHEENS
de longues années, avait subi la séduction de la dogmatique manichéenne, se fit un devoir de lui arracher ses victimes et écrivit contre elle une dizaine de réfutations dont l'une, le Contra Fanstnm, exigea trente-trois livres ^ Au septième siècle, saint Jean Damascènese trouvait encore en présence des manichéens et était amené à les combattre-. Mais le Dialogue de saint Jean Damascène ainsi que la moitié des écrits de saint Augustin se placent exclusivement sur le terrain rationnel. Et quand le docteur dllippone se livra à des démonstrations scripturaires^, sa grande ressource fut d'alléguer les textes de lévangile ou de saint Paul qui enseignent que le Christ fut annoncé par les prophètes. Saint Irénée et Tertullien avaient à peu près tiré de l'Ecriture toutes les armes qu'elle fournissait à la controverse gnostique, et l'auteur du Contra Fanstfini n'eut guère qu'à se mettre à leur école ''.
1. Voir ces traités au tome YIII des œuvres de saint Augustin, M. 42. •2. M. 94, 15;J5.
3. Contra Fauslum. 12. 6 et 25, 31. 42. 256 et 267. On lit dans ce dernier endroit : « Cui praedicendo omnes iliae paginae vigilant... » Ibid. 13,3 et 5, p. 282 à 284. Le Christ et saint Paul attestent que l'Ancien Testament a prophétisé le Fils de Dieu. A preuve : Rom., 1. 2 : Quod Deus ante promiserat perprophetassuos in Scripturis sanctis de Filio suo; Jo. 5. 39: « Scrutamini Scripturas... ipsae testimonium perhibent de me. »
4. Dans : Contra Faustum, 21. 2, 31. 42. 389, il emprunte à Irénée et à Tertullien l'explication du texte : « Deus hujus saeculi excaecavit mentes infidelium ». Toutefois il permet (n. 9, p. 391) de l'entendre du démon.