Deunione Ecclesiarum, 20, M
374 THÉOLOGIE patristique; le filioque
Bcccus, il identifia, à une nuance près, la préposition « de » avec la préposition « par ». Et il appliqua cette solution au texte suivant de saint Jean Damascène : « Nous disons que l'Esprit vient du Père et qu'il est l'Esprit du Père. Mais nous ne disons pas qu'il vient du Fils, nous disons seulement qu'il est l'Esprit du Fils. ^ » Calecas fit observer que le saint docteur de Damas avait réservé la préposition « de » au Père uniquement parce que le Père est la première personne. 11 ajouta du reste que l'auteur du De fide orlhodoxa n'avait pas refusé absolument d'employer l'expression « vient du Fils » , mais qu'il l'avait simplement déclarée contraire à l'usage : « nous ne disons pas ». Calecas s'attacha de plus à relever vigoureusement une autre objection qui, celle-là, concernait l'endroit du Contra Eunomium de saint Basile dont il a été question plus haut. Les théologiens de Constantinople rejetaient ce texte comme une interpolation; Calecas répliqua que l'interpolation était de leur côté et que les manuscrits du Contra Eunomium, auxquels se référaient les Latins, présentaient l'œuvre de saint Basile telle qu'elle était sortie des mains du docteur de Césarée^.
Blemmide, Beccus, Calecas, nous l'avons dit, étaient Grecs. La doctrine du Filioque avait donc quelques partisans à Constantinople. Mais combien rares ! La masse du clergé restait obstinément attachée aux idées de Photius. Et quand, au début du quinzième siècle, eut lieu la tentative suprême de réconciliation, le problème de la procession du Saint-Esprit fut comme l'arène où furent livrées les grandes joutes oratoires. Les huit dernières séances du concile de Florence — la plupart des autres avaient été absorbées par la particule Filioque — furent consacrées à chercher l'origine de la troisième personne de la Trinité. Deux orateurs occupèrent à eux seuls la tribune: Marc d'Éphèse du côté des Grecs, et le théologien Jean du côté des Latins. La bataille fut engagée presque exclusivement autour des noms de saint Épiphane, de saint Basile et de saint Cyrille d'Alexandrie. Marc s'efforça d'arracher ces trois grands