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376 THÉOLOGIE patristique; le filioque

la production du Saint-Esprit. Il faisait observer que, si saint Basile avait cru au Filioque^ il ne se serait pas borné à dire, dans ]e De Spiràu Sancto^ que l'Esprit est consubstantiel au Fils. Et à ce propos il rapportait un passage de Thomélie Contre Sabellius, Ai'ius et Eunomius où se trouvait un tour de phrase analogue ^ . Quant à la Lettre à Grégoire, il y voyait la négation claire et nette de la croyance chère aux Latins.

Mais ici une grave objection se présenta devant Marc. Au début du troisième livre Adversus Eunomium^ on lisait que l'Esprit tient l'être du Fils. Ce texte que Hugues Ethérien, saint Thomas , Beccus et Calecas avaient cité, n'était-il pas l'expression même du Filioque, et ne suffisait-il pas à contrebalancer les passages plus ou moins obscurs qu'on vient de voir? L'intrépide évêque d'Éphèse entreprit de démolir cette forteresse des Latins. « Cette phrase, dit-il, se trouve dans quatre ou cinq manuscrits de Constantinople, mais il y en a mille qui ne l'ont paSw Or ces manuscrits, qui ont pour eux le nombre, ont aussi l'antiquité. Eux seuls méritent notre confiance. Et l'on doit admettre que les défenseurs du Filioque, comme ils ont interpolé le symbole en y insérant la célèbre particule, ont aussi interpolé le livre de saint Basile, en y ajoutant une phrase qui répugne au contexte. Et d'abord examinez le manuscrit que je tiens à la main et qui n'a pas la phrase en question ! Voyez comme il est vieux ^ ! )> Quand il eut exhibé devant toute l'assemblée son vieux manuscrit, Marc se mit à étudier le contexte de la fameuse phrase, où le Fils était présenté comme donnant l'existence au Saint-Esprit. Le but de saint Basile, dans cet endroit, était de réfuter l'objection suivante d'Eunomius : « Fidèles à la doctrine des saints, qui nous ont appris que le Paraclet est le troisième selon l'ordre et la dignité, nous croyons qu'il est aussi le troisième par la nature. » L'évêque de Césarée, après avoir mis son adversaire au défi de nommer un seul saint qui eût donné à l'Esprit le troisième rang, ajoutait : « Mais j'accorde qu'il est le troisième par le rang. S'ensuit-il qu'il est le troisième par la nature?

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