DÉFENDU A FLORENCE PAR JEAN
Certes la foi ne nous interdit peut-être pas de mettre l'Esprit après le Fils au point de vue de la dignité. Mais qu'il ait une troisième nature, c'est ce que ni l'Ecriture ni la raison ne nous apprennent. » ^larc fît observer à l'assemblée que l'illustre docteur reprocliait d'abord à Eunomius de subordonner la dignité du Saint-Esprit à celle du Fils, et que, s'il abandonnait ensuite ce point, c'était sans rien accorder. Puis il ajouta : « Si saint Basile avait dit que le Saint-Esprit tient son être du Fils, n'aurait-il pas fourni lui-même la preuve du fait qu'il venait de nier? La phrase en question ne répond donc ni au contexte, ni au but de Basile ' . »
Marc tenait au patronage de saint Epiphane, non moins qu'à celui de saint Basile et de saint Cyrille. Mais les textes de ce docteur étaient plutôt défavorables, et, pour les attirer à lui, Marc dut se livrer à des exercices d'exégèse. 11 expliqua donc que l'auteur de VAncoi^at attribuait au Fils, non pas l'existence elle-même du Saint-Esprit, mais seulement son envoi dans le cœur des fîdèles^.
Les textes de saint Epiphane qui embarrassaient l'évêque d'Ephèse servaient au contraire merveilleusement son adversaire. Ce fut par eux que le théologien Jean commença sa défense. Il présenta aux Pères du concile les passages suivants de VAncorat : « Le Fils est issu du Père; le Saint-Esprit est issu des deux... Comme personne n'a vu le Père, si ce n'est le Fils, et que personne n'a vu le Fils, si ce n'est le Père ; de même j'ose dire que personne n'a connu le Saint-Esprit, si ce n'est le Père et le Fils de qui l'Esprit reçoit et procède. Personne non plus n'a connu le Père et le Fils, si ce n'est le Saint-Esprit. . . qui enseigne tout, qui vient du Père et du Fils... ^ » Marc épilogua sur telle et telle expression, pour arriver à rattacher l'existence du Saint-Esprit au Père à l'exclusion du Fils '*. Mais Jean lui montra que le docteur de Salamine donnait à la seconde personne de la Trinité exactement le même rôle qu'à la première, dans l'œuvre de la procession de l'I^^sprit. L'évêque dÉphèsefut