Voir surtout : IIard., p
378 THEOLOGIE PATRISTIQUE ; LE FILIOQUE
réduit à dire que saint Épiphane, en désignant le Père et le Fils comme les deux sources du Paraclet, avait eu en vue, non les personnes elles-mêmes, mais la substance divine commune à ces personnes ^.
Après avoir fait appel à saint Épiphane, Jean s'arrêta sur saint Basile. L'endroit du cinquième livre Ad{>ersus Eunomium^ où le Saint-Esprit est présenté comme sortant du Père et non d'ailleurs^ créait une sérieuse difficulté. Le représentant des Latins se tira d'affaire en expliquant que la formule « non d'ailleurs » était destinée à réserver la production de la troisième personne, non pas à la personne du Père, mais à la substance divine ^. Cette interprétation suggéra à Marc un argument ad hominem qu'il formula dans les termes suivants : « Tu prétends que l'expression « du Père » ne désigne pas nécessairement la première hypostase, mais simplement la nature divine... Donc, d'après toi, quand nous lisons que l'Esprit procède du Père et du Fils, ou des deux, nous ne sommes pas tenus de rattacher la procession du Saint-Esprit aux deux premières hypostases; il nous suffît de l'attribuer à la substance divine^. » Mais Jean, sans se laisser émouvoir par cette riposte, maintient son assertion.
Le fameux texte du troisième livre Adversus Eunomium le préoccupa davantage. Marc affirmait que la phrase : « L'Esprit tient son être du Fils » était une addition apocryphe : Jean entreprit d'en établir F authenticité. « Le manuscrit que j'ai dans les mains, dit-il, a été apporté par Nicolas de Cusa. Il est en parchemin et non en papier : il a donc plus de 600 ans, et, par conséquent, il est antérieur au schisme. Il ne contient aucune trace de retouche ; preuve que la phrase en question qui s'y trouve n'est pas le fruit d'une interpolation'*. y> Ce fut là son pre-
1. Hard. 10, p. 207 : « xal ô [xiyaç ETiicpàvioç li-^.txiv, i^ à[i.cpoîv, iv. uarpoç xat dIou, oOx i\ àvàyxïiç poij>£Tai Syi^oùv èx xtov àuTwv unoaTOcascov, àXX'èx i^ç oOaîa; àuTtôv. »
2. Sess. 18, Hard. 10, 205 : «... [xsxpi rouôe ëxojxevou çavepto; ôxt t6, où^ ÉTÉpœôsv oTjTo) voettat wctts [xy) i\ éxspaç oùaïaç. » ■ — Voir encore : Sess. i\), Hard. :p. 209 » : èyJ) ôà aTTSxptvâfxiqv ôxi xô oùx éxépcoGsv ouxw vocTxat, xouxe'axiv 7.710 o-jÔ£[/,tôcç ouata; 9] x?iç xou ôeoù oOciaç. »